Le gouvernement britannique est déterminé à élargir ses relations avec le gouvernement Rohani

Londres, le 29 août, IRNA - Deux ans après la réouverture de l'ambassade britannique à Téhéran, Nicolas Hopton, l'ambassadeur britannique à Téhéran annonce que son gouvernement est déterminé à élargir ses relations avec la République islamique d'Iran dans le cadre du PAGC.

Lors un entretien accordée à l’IRNA, Hopton a déclaré que l'accord sur le nucléaire entre l'Iran et le G5 + 1 était une étape importante pour «nous permettre de renouer avec l'Iran».

Il a ajouté : « A cette époque, nous avons rétabli l'ambassade à Téhéran avec toutes ses activités et travaillons de plus en plus étroitement avec le gouvernement et pour promouvoir les échanges économique pour développer les relations entre les deux pays ».

Citant le «progrès» dans les relations bilatérales au cours des deux dernières années, l'ambassadeur britannique a évoqué : «J'espère que nous continuerons de voir des progrès, en général et en particulier dans les relations commerciales entre les deux pays».

Il a également ajouté que «le gouvernement britannique a félicité le président Rohani pour sa réélection et a envoyé une délégation importante, dirigée par le ministre pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Alistair Burt, pour représenter le Royaume-Uni lors de la cérémonie de l'investiture».

Voici le texte intégral de cette interview :

Q. Comment évaluez-vous les relations bilatérales actuelles entre l'Iran et la Grande-Bretagne ?

R. Nous avons rouvert l'ambassade britannique à Téhéran en août 2015, il y a presque exactement deux ans, depuis nous avons vu beaucoup de progrès. Il est clair que l'accord de Plan d'action global commun (PAGC) était une étape importante pour nous permettre de renouer avec l'Iran.

A cette époque, nous avons rétabli l'ambassade à Téhéran avec toutes ses activités et travaillons de plus en plus étroitement avec le gouvernement et le secteur économique iraniens pour développer les relations entre les deux pays.

Jusqu'à présent, je qualifie de positifs les progrès, nous avançons dans la bonne direction.

Il y a beaucoup de problèmes auxquels nous devons faire face pour aller en avant. Mais relancer les relations après une coupure de 4 ans et en tenant compte de la fermeture de l'ambassade est toujours difficile. Mais nous avançons dans la bonne direction.

Q. Donc vous pensez que l'élargissement des relations avec l'Iran est satisfaisant ?

R. Oui, je pense que la tendance est satisfaisante et j'espère que nous continuerons de voir les progrès, en général et en particulier dans les relations commerciales entre nos deux pays.

Q. Comment envisagez-vous la perspective de relations bilatérales entre les deux pays dans le nouveau gouvernement du président Rohani?

R. le gouvernement britannique a félicité le président Rohani pour sa réélection et a envoyé une délégation importante, dirigée par le ministre pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Alistair Burt, pour représenter le Royaume-Uni lors de la cérémonie de l'investiture.

Je pense que cela révélait l'esprit d'engagement positif que le gouvernement britannique entend poursuivre avec l'Iran. Les événements futurs dépendent beaucoup de divers facteurs. Mais d'après la volonté politique du Royaume-Uni, nous sommes pleinement engagés au PAGC et nous espérons élargir les relations avec le gouvernement iranien dans prochains mois et des années et dans le cadre de l'accord.

Q. La Grande-Bretagne, en comparaison de la France, de l'Allemagne et d'autres pays européens, est en retard dans les relations commerciales avec l'Iran. Pourquoi existe-t-il une tendance lente et des investissements limités des entreprises britanniques ?

R. Je pense que vous devez vous rappeler que le gouvernement britannique n'avait pas d'ambassade à Téhéran depuis 4 ans. Mais certains de nos partenaires européens ont présenté dans le pays alors que l'Iran était évidemment sanctionné et que le commerce était très difficile dans la plupart des domaines.

Je pense que nous avons fait beaucoup de progrès sur le front commercial en 2 ans et depuis de notre retour en Iran. Les chiffres commerciaux reflètent ces progrès.

Les données statistiques à cet égard indiquent que la coopération commerciale se développe avec une pente acceptable, et il me semble que sa pente sera encore plus rapide.

Bien sûr, vous avez raison, ces partenariats ne se déplacent pas aussi vite que nous le souhaitons. Mais, à mon avis, les entreprises britanniques, en particulier les grandes entreprises, ont commencé à s'engager avec l'Iran, des accords ont été conclus à cet égard, et c'est un développement positif pour l'Iran et le Royaume-Uni.

Q. Dans votre entretien précédent, vous avez dit que vous avez de nouvelles idées pour développer les relations commerciales, pourriez-vous nous en faire part.

R. Bien sûr, en tant que l'ambassadeur britannique une partie de mon travail consiste à trouver des moyens de promouvoir les relations économiques et commerciales entre le Royaume-Uni et l'Iran par l'identifier les capacités de l'Iran pour autorités et des milieux d'affaires britanniques à la recherche d'opportunités où les entreprises britanniques peuvent s'engager.

Ainsi, par exemple, la semaine dernière, j'ai voyagé aux privance de Guilan et d'Azerbaïdjan de l'Est et j'ai également visité la zone de libre échange de Bandar Anzali. J'ai été très encouragé par les messages que j'ai reçus du gouverneur, des autorités et du monde des affaires de ces régions.

Je pense qu'il y a un marché et l'appétit pour engager davantage les britanniques en Iran et j'espère que dans les mois et les années à venir, nous verrons que les entreprises britanniques jouent un rôle plus important dans ces domaines.

Q. Les Iraniens ont une vision pessimiste de la Grande-Bretagne, sur la base d'un terrain historique. Avez-vous un plan pour réduire cette perception et la vision pessimiste des Iraniens envers la Grande-Bretagne ?

R. Le Royaume-Uni et l'Iran ont une longue histoire, des moments difficiles et des moments très positifs. Comme dans n'importe quelle relation, il y a des hauts et des bas.

Mon rôle, à l'instant, est essentiellement de se focaliser sur les avancées. Je pense que l'une des façons dont nous pouvons le faire est de travailler ensemble plus dans le secteur économique et commercial et de chercher des opportunités dans ce sens pour développer nos relations économiques et nos partenariats commercialement.

Mais pour le moment, il faut focaliser sur les points positifs que le Royaume-Uni peut apporter en Iran.

Q. Donc, reconnaissez-vous que l'augmentation des relations commerciales et des investissements entre les deux pays peut changer la perception pessimiste ?

R. Mon objectif principal est de créer des relations pour améliorer la compréhension entre Téhéran et Londres afin que nous puissions trouver un terrain d'entente commun, y compris sur les questions régionales où, au moment où nous avons des différences dans notre politique et nos approches qui causent des problèmes.

J'ai donc l'espoir que, lors de la construction de nos relations, nous pourrons progresser dans tous ces domaines.

Q. En tant qu'ambassadeur britannique à Téhéran, comment évaluez-vous le rôle de l'Iran dans la lutte contre le terrorisme ?

R. Il est certainement vrai que l'Iran et le Royaume-Uni ont une expérience commune du terrorisme et la nécessité de le combattre, en particulier Daech et le gouvernement britannique a envoyé un message de sympathie et de solidarité aux Iraniens au moment des attaques terroristes il y a quelques mois.

Nous avons également eu un été très difficile au Royaume-Uni avec les attaques terroristes de Manchester et de Londres. Il y a donc une compréhension partagée du défi et de la nécessité de lutter davantage contre le terrorisme.

Ailleurs dans la politique régionale, clairement en Syrie, nous ne partageons pas la même évaluation du régime syrien et l’attitude à adopter. Nous avons des observations sur le rôle que l'Iran joue dans d'autres régions sous tension, comme au Yémen, où je pense qu'un règlement politique est essentiel pour que la crise humanitaire soit améliorée pour le bien du peuple yéménite.

Mais j'espère que grâce à un dialogue accru et à un engagement accru entre les autorités britanniques et iraniennes, nous pouvons trouver plus de compréhension et de progrès vers un règlement pacifique dans tous ces domaines.

Q. Pensez-vous que la Grande-Bretagne et l'Iran pourraient coopérer pour résoudre la crise régionale ?

R. J'espère que nous pourrons mieux comprendre les positions des uns et des autres. C'est pourquoi plus d'engagement et de dialogue entre nos gouvernements aideront à réduire les écarts entre nos positions et à créer une meilleure compréhension.

Q. Sur un autre point, les États-Unis utilisent une rhétorique hostile contre l'Iran et l'accord nucléaire. Alors que la Grande-Bretagne est partie du PAGC, est ce que la Grande-Bretagne est prête à envoyer un signal diplomatique à Washington pour l'appui de PAGC?

R. Je ne peux pas parler pour le gouvernement des États-Unis, mais le gouvernement britannique est pleinement engagé envers le PAGC et à sa mise en œuvre réussie. Nous travaillons dur avec tous nos partenaires et avec l'Iran pour réussir cet accord et nous continuerons à engager tous nos partenaires à cette fin.

Q. Concernant le PAGC, le problème bancaire a été un obstacle aux relations commerciales avec l'Iran. Quelles mesures l'ambassade britannique a-t-elle prises pour faciliter et résoudre cette question ?

R. Le renforcement des liens commerciaux entre l'Iran et l'économie internationale est une partie essentielle de la mise en œuvre du PAGC, tant pour le peuple iranien que pour créer une plus grande stabilité dans la région et pour renforcer la relation entre Iran et ses partenaires internationaux y compris le Royaume-Uni. Les services bancaires et financiers sont clairement nécessaires pour permettre aux entreprises de fonctionner efficacement.

Bien que les décisions sur l'opportunité d'offrir des services financiers dépendent des institutions privées et de leurs décisions commerciales, le gouvernement britannique et d'autres gouvernements n'ont pas une grande influence sur ces décisions.

Dans le même temps, mon gouvernement reconnaît la nécessité de progresser et de renforcer la confiance dans les institutions et les banques qui s'occupent des services financiers pour faciliter le succès de PAGC.

Nous entretenons donc un dialogue avec les banques et les autres partenaires de ce secteur afin de les encourager à s'engager davantage avec l'Iran dans ses affaires.

Q. L'une des questions difficiles pour beaucoup d'Iraniens est d'obtenir un visa au Royaume-Uni, et il y a beaucoup de plaintes à ce sujet. Reconnaissez-vous que c'est un problème ? Pouvez vous nous donner votre point de vue à ce sujet ?

Lorsque l'ambassade britannique a été fermée pendant 4 ans jusqu'en août 2015, nous n'avons évidemment pas opéré de service de visa à l'intérieur de l'Iran pour les Iraniens. Les Iraniens pouvaient obtenir des visas en allant dans d'autres centres régionaux tels que Dubaï ou Istanbul pour obtenir leurs visas pour le Royaume-Uni.

En janvier et février 2016, nous avons rouvert le centre de demande de visa offrant 150 rendez-vous par semaine pour que les Iraniens obtiennent des visas pour le Royaume-Uni. C'est un chiffre très bas comparativement à ce que nous faisions avant la fermeture de l'ambassade en 2011, cependant, afin de rebâtir ce service et éventuellement d'obtenir un service de visa complet, il faut qu'il y ait une coopération dans les deux sens. Mais je suis convaincu qu'au fil du temps, nous pourrons progressivement augmenter le nombre de visas que nous offrons à Téhéran, ce qui contribuera à établir de meilleures relations entre les deux pays.

Q. Parlez-nous du Brexit et comment cela affectera les relations bilatérales futures avec l'Iran ?

R. Je pense que l'Iran est l'un de ces pays où la position du Royaume-Uni et ses relations avec l'Union européenne ne changeront pas de manière significative.

Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires européens, en particulier ceux qui sont impliqués dans la négociation du PAGC, qui continueront je pense, les relations commerciales avec l'Iran qui ne seront pas non plus largement effectuées du fait du Brexit.

Je pense que la trajectoire de la relation entre l'Iran et le Royaume-Uni est essentiellement un aspect bilatéral plutôt qu'un contexte multilatéral et cela continuera d'être le cas, quelle que soit la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Q. La Grande-Bretagne est un allié traditionnel de l’Europe et un partenaire stratégique aux États-Unis. En ce qui concerne l'Iran et le PAGC, votre gouvernement suivra-t-il l'Europe (qui veut défendre LE pagc) ou les États-Unis ?

R. Le Royaume-Uni est un pays souverain, nous prenons nos propres décisions, nous travaillons avec nos partenaires autant que possible, mais essentiellement, le gouvernement britannique prend des décisions pour le Royaume-Uni en tant que pays souverain.

Cela restera le cas et j'ai déjà dit que le Royaume-Uni était pleinement engagé au PAGC et qu'il en fait un succès et qu'il fait tout son possible pour que sa mise en œuvre fonctionne au bénéfice de toutes les parties.

Q. Si les États-Unis décident de se retirer de PAGC, quelle serait la réaction de votre gouvernement ? Souhaitez-vous une action militaire contre l'Iran ?

R. Comme je l'ai déjà dit, le Royaume-Uni est pleinement engagé dans le PAGC et sa mise en œuvre, et c'est notre position et nous travaillons aussi fort que possible pour que le PAGC soit un grand succès pour le bénéfice de toutes les parties.

Q. Nous avons eu une délégation fructueuse du Royaume-Uni qui est venue assister à la cérémonie d'investiture du Dr Rohani? Quel est le point de vue de votre gouvernement sur le deuxième mandat présidentiel du Dr Rohani?

R. Le gouvernement britannique a félicité le Dr Rohani pour sa réélection en tant que président de l'Iran et la taille et le niveau de représentation de notre délégation ont eu un impact positif sur les autorités iraniennes.

Il a démontré notre engagement à travailler avec l'Iran pour faire avancer la relation entre nous et pour réussir la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire.


Q. Royaume-Uni, est un allié traditionnel de Bahreïn. Comme vous le savez, la majorité de la population de Bahreïn est Chiite, mais le gouvernement d'Al-Khalifa viole les droits de l'homme contre les chiites, pourquoi votre gouvernement qui défend les valeurs des droits de l'homme appuie-t-il ce gouvernement ?
R. Royaume-Uni travaille en étroite collaboration avec nos amis et partenaires dans le Golfe persique et est engagé constamment dans nos relations avec eux de façon générale.

Je pense séparément que nous voulons développer notre relation avec l'Iran pour améliorer la compréhension et le dialogue entre nos deux pays et aller de l'avant sur une série de questions régionales afin d'atteindre la paix et la stabilité dans la région.

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