5 avr. 2018, 11:52
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La crise syrienne n'a pas de solution militaire

Téhéran, 5 avril, IRNA - Les présidents iranien, russe et turc ont souligné dans une déclaration qu'il n'y avait pas de solution militaire à la crise syrienne.

Les pourparlers trilatéraux entre le président iranien Hassan Rohani, son homologue turc Recep Tayyip Erdogan et le président russe Vladimir Poutine ont débuté mercredi après-midi à Ankara en se concentrant sur les développements syriens.

Au cours de la réunion, les parties ont exprimé leur avis qu'il ne pouvait y avoir de solution militaire au conflit syrien et que le conflit ne pouvait être résolu que par un processus politique négocié.

Le texte intégral de la déclaration finale est le suivant:

Les Présidents,

Ont pris note des développements concernant la Syrie depuis leur dernière réunion le 22 novembre 2017 à Sotchi;

Ont exprimé leur satisfaction des résultats de la première année des réunions d'Astana tenues depuis janvier 2017, a souligné que le format Astana avait été la seule initiative internationale efficace qui avait contribué à réduire la violence en Syrie et avait contribué à la paix et à la stabilité en Syrie;

Ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur coopération active sur la Syrie pour la réalisation d'un cessez-le-feu durable entre les parties en conflit et l'avancement du processus politique envisagé par la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies;

Ont souligné leur engagement fort et continu à la souveraineté, l'indépendance, l'unité, l'intégrité territoriale et le caractère non sectaire de la Syrie.

Ils ont souligné qu'aucune de ces actions, quelles que soient leurs actions, ne devait porter atteinte à ces principes, confirmée par les résolutions pertinentes de l'ONU et par la volonté des représentants de tous les segments de la société syrienne.

Ils ont rejeté toute tentative de créer de nouvelles réalités sur le terrain sous prétexte de combattre le terrorisme et ont exprimé leur détermination à s'opposer aux agendas séparatistes visant à saper la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie ainsi que la sécurité nationale des pays voisins;

Ont exprimé leur conviction que le Congrès du dialogue national syrien, qui a été convoqué à Sotchi le 30 janvier 2018, a constitué une étape importante dans la préparation du processus politique, a réitéré son engagement à donner suite aux résultats du Congrès, reflétant la volonté de des représentants de tous les segments de la société syrienne, en particulier l'accord de former un comité constitutionnel, soutenu par le secrétaire général des Nations unies et la communauté internationale.

Ils ont réaffirmé leur soutien pour faciliter le début des travaux du Comité à Genève le plus rapidement possible avec l'assistance de l'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Syrie et en coordination avec trois États garants;

Ont appelé les représentants du gouvernement de la République arabe syrienne et de l'opposition à la souveraineté, l'indépendance, l'unité, l'intégrité territoriale et le caractère non sectaire de la Syrie ainsi que la communauté internationale à soutenir les résultats du Congrès du dialogue national syrien;

Expriment leur conviction qu'il ne peut y avoir de solution militaire au conflit syrien et que le conflit ne peut être résolu que par un processus politique négocié;

Ont réitéré la nécessité d'aider les Syriens à rétablir l'unité de leur pays et à parvenir à une solution politique du conflit en cours grâce à un processus inclusif, libre, juste et transparent dirigé par les Syriens et basé sur la libre volonté du peuple syrien et conduisant à une constitution bénéficiant du soutien du peuple syrien, et à des élections libres et régulières avec la participation de tous les Syriens éligibles sous la supervision appropriée de l'ONU;

Ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur coopération afin d'éliminer le DAECH, le Front Nusra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaïda ou DAECH désignés par le Conseil de sécurité des Nations Unies en Syrie et a souligné le succès de leurs efforts collectifs dans la lutte contre le terrorisme international;

Ont souligné que, dans la lutte contre le terrorisme, séparer les groupes terroristes susmentionnés des groupes armés d'opposition qui avaient adhéré au régime de cessez-le-feu et qui le rejoindraient était de la plus haute importance pour prévenir les pertes civiles;

Ont accueilli avec satisfaction la résolution 2401 du Conseil de sécurité des Nations Unies en réponse à la grave situation humanitaire dans toute la Syrie, notamment dans la Ghouta orientale, Yarmouk, Foua et Kefraya, le gouvernorat d'Idlib, le gouvernorat de Hama Nord, Rukhban et Raqqa; ont exhorté les parties au conflit à se conformer aux dispositions de ladite résolution, notamment en s'abstenant de toute violation du cessez-le-feu;

Ont souligné leur détermination commune à accélérer leurs efforts pour assurer le calme sur le terrain et protéger les civils dans les zones de désescalade, ainsi que pour faciliter un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave à ces zones et souligné que la création de zones de désescalade temporaire comme prévu par le Mémorandum du 4 mai 2017;

Ont appelé la communauté internationale, en particulier l'ONU et ses agences humanitaires, à accroître son aide à la Syrie en envoyant une aide humanitaire supplémentaire, en facilitant l'action humanitaire contre les mines, en restaurant les infrastructures de base, y compris les équipements sociaux et économiques et en préservant le patrimoine historique;

Ont salué la convocation de la première réunion du Groupe de travail sur la libération des détenus et la remise des corps ainsi que l'identification des personnes disparues à Astana le 15 mars 2018 avec la participation de trois garants ainsi que l'ONU et le CICR et a souligné l'importance du fonctionnement efficace du Groupe de travail, ce qui contribuerait à renforcer la confiance entre les parties au conflit;

Ont décidé de tenir leur prochaine réunion en République islamique d'Iran à l'invitation du Président de la République islamique d'Iran, Hassan Rohani.

Les Présidents de la République islamique d'Iran et de la Fédération de Russie ont exprimé leur sincère gratitude au Président de la République de Turquie, S.E. Recep Tayyip Erdoğan pour avoir accueilli ce Sommet tripartite à Ankara.

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