L'UE devrait convaincre Trump de rester dans le PAGC

Téhéran, 15 avril, IRNA - Un ancien diplomate et ex-porte-parole de l'équipe de négociation nucléaire iranienne dans un article intitulé «5 scénarios potentiels pour l'Iran» a examiné divers événements possibles dans le cadre de l'accord nucléaire de 2015.

Dans un article publié par Al Monitor, Hossein Mousavian, spécialiste des questions de sécurité nucléaire et de politique nucléaire à l'Université de Princeton, écrit que le scénario le plus prudent est que l'Europe réussisse à convaincre Trump de mettre pleinement en œuvre le PAGC et s’engager dans des négociations sérieuses sur les différends régionaux avec les acteurs régionaux.

Il a également écrit que le choix de Mike Pompeo et de John Bolton par le président Donald Trump respectivement pour les postes de secrétaire d'Etat et de conseiller à la sécurité nationale, devrait supprimer toute prétention que l'administration américaine souhaite «réparer» le PAGC.

Alors que Trump a longtemps expriée son désir de défaire l'accord nucléaire, Pompeo et surtout Bolton ont longtemps préconisé des politiques de changement de régime envers l'Iran, y compris la guerre. Comme la date limite du 12 mai pour Trump de renouveler ou non les sanctions, cinq scénarios existent.

Ce qui suit est le texte intégral de l'article:

Les choix respectifs du président Donald Trump sur Mike Pompeo et John Bolton pour le poste de secrétaire d'État et de conseiller à la sécurité nationale, devraient éliminer toute prétention que l'administration américaine souhaite «réparer» le plan d'action global commun (PAGC).

Alors que Trump a longtemps expriée son désir de défaire l'accord nucléaire, Pompeo et surtout Bolton ont longtemps préconisé des politiques de changement de régime envers l'Iran, y compris la guerre. Comme la date limite du 12 mai pour Trump de renouveler ou non les sanctions, cinq scénarios existent.

Le premier scénario possible est que l'Europe cède aux demandes de Trump et accepte de nouvelles les sanctions contre l'Iran pour ses activités régionales et son programme de missiles balistiques. Dans ce cas, l'Iran bénéficiera encore moins de l'accord nucléaire, d'autant plus que l'allégement des sanctions ordonné par le PAGC a déjà été contrecarré par les sanctions américaines et une rhétorique menaçante.

Même dans ce scénario, il n'y a aucune garantie que Trump ne cherchera toujours pas d'autres moyens de tuer l'accord. Par exemple, l'Iran pourrait choisir de rester dans l'accord mais exercerait des représailles contre les sanctions régionales en renonçant à toute coopération régionale avec l'Occident. Ces derniers mois, des diplomates iraniens ont rencontré leurs homologues européens pour discuter de questions régionales, notamment à Londres et à Munich.

Hamid Baeidinejad, ambassadeur de Téhéran à Londres, a récemment déclaré: «L'Iran et la Grande-Bretagne ont pris des décisions importantes pour mettre fin à la crise du Yémen.»

Si l'Europe adhère à de nouvelles sanctions non nucléaires, cette voie diplomatique peut être suspendu.

Le second scénario potentiel est que Trump poursuive sa rhétorique, se retire du PAGC mais choisisse de ne pas bloquer les transactions commerciales européennes avec l'Iran par des sanctions secondaires ou extraterritoriales. Dans ce scénario, la réponse de l'Iran dépendra de la réaction des autres puissances qui ont négocié l'accord. Si la Russie, la Chine et, surtout, l'Europe agissent de manière proactive pour soutenir le PAGC et s'opposer à d'autres efforts américains pour le miner, l'Iran sera incité à rester dans l'accord.


Cependant, Trump tue les chances de dialogue régional et de coopération américano-iranien avec l'Iran et augmente l'opposition iranienne aux intérêts américains dans la région. Étant donné que les Etats-Unis sont empêtrés dans plusieurs bourbiers, y compris l'Afghanistan et le Yémen, l'Iran pourrait - au lieu de faciliter potentiellement des solutions permettant de sauver la face et permettant un départ américain - chercher à augmenter le coût de la présence américaine.

Troisièmement, Trump pourrait se retirer du PAGC et réimposer toutes les sanctions américaines liées au nucléaire, y compris des sanctions secondaires ciblant le commerce international avec l'Iran.

Dans ce cas, le commerce européen avec l'Iran pourrait s'effondrer, laissant à l'Iran ce qui serait en fait un PAGC moins l'Occident entier - et pas seulement les États-Unis. Les pays européens auront du mal à résister aux Etats-Unis, et toute mesure symbolique qu'ils prendront pour apaiser l'Iran ne fera aucune différence. Ainsi, l'Iran aura l'option de quitter le PAGC mais de rester dans le traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Cela mettrait fin aux mesures volontaires de transparence nucléaire que l'Iran a accepté dans le cadre du PAGC, telles que l'application du Protocole additionnel à son accord de garanties de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et les limites de son programme d'enrichissement d'uranium à moins de 5%.

Par exemple, le chef du nucléaire iranien Ali Akbar Salehi a déclaré que si une telle décision était prise par l'establishment iranien, l'Iran n'aurait besoin «que de quatre jours pour augmenter l'enrichissement de 20%» à son installation nucléaire fortifiée de Fordow.

La Russie et la Chine seront plus ouvertes à un programme nucléaire iranien confiné au TNP si Trump est responsable de l'échec du PAGC, pas de l'Iran. Les Etats-Unis ne seront toutefois pas en mesure de pousser à des politiques coercitives plus sévères que la guerre, conduisant l'Iran à un plus grand alignement avec la Russie et la Chine pour affronter les objectifs occidentaux au Moyen-Orient et au-delà.

Le quatrième scénario potentiel est que Trump quitte le PAGC et poursuive un programme visant à exercer une pression maximale sur l'Iran, y compris en ouvrant la voie à la guerre. Cela encouragera des voix puissantes en Iran à pousser à se retirer du TNP et à suivre le modèle nord-coréen pour amener les États-Unis à la table des négociations.

En d'autres termes, la compréhension conventionnelle concernant la Corée du Nord est que les Etats-Unis ne l'attaqueront pas parce qu'elle a des armes nucléaires, et la raison pour laquelle Trump veut maintenant négocier avec la Corée du Nord en augmentant en même temps la pression sur l'Iran .

La force de cette option ne serait pas mince pour Téhéran, car ses partisans peuvent argumenter que l'Iran n'a pas bénéficié de ses droits et que le traité est devenu un instrument pour punir l'Iran.

Il y aura aussi une plus grande chance que les commandants militaires iraniens prennent des mesures pour jouer un plus grand rôle dans la politique du pays pour affronter les fauteurs de guerre à Washington, Tel Aviv et Riyad. Ce scénario marquerait le pire point dans l'histoire des relations américano-iraniennes et annoncerait la perspective d'un autre conflit dévastateur au Moyen-Orient qui éclipserait les coûts de la guerre en Irak pour les États-Unis.

Le cinquième scénario, le plus prudent, est que l'Europe réussisse à convaincre Trump de mettre pleinement en œuvre le PAGC - avec éventuellement les États-Unis, la Chine et la Russie - engageant l'Iran dans des négociations sérieuses sur les différends régionaux.


Le fait est que l'Iran a pleinement respecté ses engagements en vertu de l'accord, comme l'a vérifié à plusieurs reprises l'AIEA, et que le PAGC est une obligation internationale pour les États-Unis puisqu'elle a été approuvée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ce scénario offre la perspective de trouver des solutions politiques à des crises régionales qui répondraient à l'accusation de longue date de Trump concernant des conceptions iraniennes maléfiques dans la région. Cela permettrait également de progresser dans les efforts visant à développer le PAGC et à établir une zone régionale formelle exempte d'armes nucléaires.

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