Le nouvel envoyé britannique souhaite continuer à améliorer les relations avec l'Iran

Londres, 25 avril, IRNA - Rob Macaire, le nouvel ambassadeur britannique à Téhéran, promet de continuer à améliorer ses relations avec l'Iran, en particulier dans le domaine du commerce et de l'investissement.

Macaire, qui doit succéder à Nicholas Hopton en mai, a déclaré à l’IRNA dans une interview exclusive qu'il était ravi de se rendre à Téhéran en tant que nouvel ambassadeur britannique. «J'ai eu une grande fascination pour l'Iran tout au long de ma carrière diplomatique, je n'ai jamais servi en Iran auparavant, mais j'ai beaucoup traité avec le Moyen-Orient et j'ai hâte de représenter mon pays à Téhéran».

Interrogé sur le choix du moment de ce changement, il a répondu: « Je pense que le timing est bon dans le sens où nous avons beaucoup progressé dans nos relations bilatérales au cours des trois dernières années depuis la réouverture de nos ambassades ».

« La Grande-Bretagne est consciente du rôle énorme que l'Iran a joué dans sa région depuis des siècles et de son importance géopolitique », ajoutant qu'il lui restait beaucoup à apprendre à Téhéran.

Interrogé sur le niveau actuel des relations bilatérales entre l'Iran et la Grande-Bretagne, le nouvel ambassadeur britannique a déclaré: « Nous avons beaucoup progressé, nous avons évidemment des relations diplomatiques entre nos pays, nous avons des ambassades pleinement opérationnelles dans les deux capitales, nous avons beaucoup d'opportunités dans le commerce et nous avons de plus en plus de contacts au niveau culturel, touristique et interpersonnel, donc je pense que tout va bien».

«Les relations peuvent toujours être améliorées mais il a dit y a certainement des différences entre les deux gouvernements. Je crois qu'un dialogue plus approfondi peut faire la différence, mais nous ne devrions pas sous-estimer leur importance».

« Alors que nous voulons parler à l'Iran en particulier de la sécurité et de la paix dans la région où l'Iran a un rôle très important à jouer, nous devons certainement nous concentrer sur l'agenda bilatéral, par exemple les affaires consulaires qui jusqu'à leur résolution sont un obstacle dans nos relations bilatérales» , a déclaré Macaire.

Interrogé pour savoir s'il suggérait une sorte de coopération entre l'Iran et le Royaume-Uni pour apporter la stabilité dans la région : « L'Iran a un rôle très important à jouer et nous pensons qu'il est important que ce rôle soit réalisée de manière constructive».

« Il y a des sujets dans lesquels la Grande-Bretagne a des inquiétudes mais nous pensons qu'en travaillant avec l'Iran grâce au dialogue, nous pouvons faire des progrès sur certaines de ces questions».

Sur la question des relations commerciales, Macaire semble très optimiste et a déclaré: « J'ai passé beaucoup de temps au cours des derniers mois à parler aux entreprises et aux banques britanniques du commerce et des investissements avec l'Iran. Je peux vous dire qu'il y a énormément d'enthousiasme et d'intérêt des deux côtés pour accroître cette relation commerciale».

Citant la fermeture des ambassades sur 4 ans, il a ajouté: « Nous partons donc d'une base relativement faible mais l'année dernière le commerce a plus que doublé et nous avons augmenté la taille de l'équipe dans notre ambassade soutenant le commerce, de rien jusqu'à 9 personnes à présent».

Macaire a déclaré: « Il y a un effort important pour améliorer les relations commerciales entre les deux pays et il y un grand potentiel».

A la question de savoir s'il avait des plans pour développer des relations commerciales, il a souligné qu'il ferait tout ce qu'il pourrait « pour aider à améliorer l'environnement pour le commerce et le lien d'investissement entre nos pays».

« Je pense que tout le monde sait que les entreprises qui veulent faire des affaires en Iran sont confrontées à un défi en raison de l'attitude des banques internationales qui s'inquiètent de l'impact des sanctions primaires. Mais nous avons eu du côté du gouvernement britannique un dialogue continu avec les banques et continuerons à le faire; c'est notre position d'encourager un plus grand commerce», a déclaré Macaire.

Le nouvel ambassadeur britannique a déclaré que l'ambassade aidera les entreprises et les banques britanniques à mieux comprendre le marché iranien. Dans le même temps, il s'attend à ce que l'Iran prenne des mesures positives en améliorant les normes bancaires afin de faciliter le commerce.

Interrogé sur le pessimisme parmi les Iraniens envers la Grande-Bretagne, Macaire dit: « Je suis un grand observateur de l'histoire. Je pense que l'histoire est très importante et je pense qu'il est important de comprendre d'où nous venons pour voir où nous allons. Je pense que l'histoire entre nos deux pays devrait être bien comprise par tout le monde et nous ne devrions pas essayer de l'écarter et nous devrions être honnêtes à ce sujet».

« L'Iran a une population très jeune et a tendance à regarder vers l'avenir plutôt que de revenir en arrière et c'est là que je pense que nos efforts devraient se concentrer pour essayer d'améliorer les choses».

Interrogé pour savoir s'il est d'accord que l'amélioration des relations commerciales entre les deux pays et les projets d'investissement à long terme en Iran pourrait dépasser le point de vue pessimiste, Macaire a déclaré: «Je pense que les liens commerciaux et les liens d'investissement sont un excellent moyen et je pense que dans le cas de l'Iran, il y a beaucoup de possibilités».

Quant à la difficulté d'obtenir un visa britannique pour les Iraniens, Macaire a déclaré: « Je pense que nous avons fait beaucoup de progrès en matière de visas. Nous sommes passés de ne pas avoir de service à Téhéran à un service de visa complet. Nous avons récemment augmenté considérablement le nombre de services que nous offrons à Téhéran. J'aimerais que cela augmente davantage. J'aimerais voir plus d'opportunités».

Il a dit qu'il veut voir un bon service pour les voyageurs légitimes ajoutant « qu'il est important que nous puissions coopérer avec les autorités iraniennes sur ceux qui enfreignent les règles et c'est vrai pour tous les pays; L'Iran n'est pas différent».

Lorsqu'on lui demande pourquoi des cas authentiques, tels que ceux qui souhaitent simplement rendre visite à leur famille, subissent un refus de visa, le nouvel ambassadeur britannique affirme que l'ambassade offre un service de visa très bon et équitable. En même temps, il dit qu'il veut démystifier le travail de l'ambassade et être ouvert aux efforts diplomatiques.

Il a dit qu'il y avait parfois des malentendus et des soupçons sur le travail de l'ambassade, donc démystifier est important pour lui.

Interrogé pour savoir s'il y aura des délégations à Téhéran dans un avenir proche, il a déclaré: Comme vous le savez, notre secrétaire aux Affaires étrangères s'est rendu en Iran en décembre et nous avons été ravis d'accueillir le vice-ministre des Affaires étrangères Ali Abbas Araqchi il y a deux mois. J'espère que le secrétaire aux Affaires étrangères ou un autre ministre ira bientôt en Iran pour des discussions bilatérales.

Passant au sujet du PAGC, il a discuté de l'importance de l'accord en disant: « Je pense que nous avons clairement exprimé notre position. Le PAGCA est une réalisation diplomatique politique importante que nous sommes déterminés à soutenir ».

« Nous restons fermement en faveur du PAGC, il est essentiel que toutes les parties respectent leur engagement en vertu de cet accord. Il est évidemment important que l'Iran continue à permettre un accès complet à l'AIEA. Comme l'AIEA a confirmé que l'accord fonctionne, nous pensons qu'il est important et bénéfique pour la paix et la stabilité dans la région. Nous travaillons avec toutes les parties à l'accord et avec nos alliés et en particulier depuis le discours du président Trump en janvier dernier, et nous travaillons à faire en sorte que l'accord puisse être mis en œuvre».


Interrogé sur la volonté de la Grande-Bretagne de défendre le PAGC face à la nomination de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Trump qui n'est pas favorable à l’accord, il a déclaré: «Notre position sur l'accord reste inchangée. Je suis persuadé que notre secrétaire aux affaires étrangères présentera ce cas au nouveau secrétaire d'État, comme il l'a fait par le passé».

« Nous croyons que le PAGC fonctionne; L'AIEA l'a approuvé dans sa série de rapports. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autres problèmes. Lorsque nous parlons d'autres problèmes que nous avons avec, par exemple, les activités dans la région et les missiles balistiques, ils sont en dehors du Plan d'action global commun, ce sont des problèmes distincts».

Interrogé pour savoir s'il était d'accord que résoudre des problèmes en dehors du PAGC allait bouleverser l'esprit de l'accord, le nouvel ambassadeur britannique a répondu: « Je pense que nous devons être clairs, le PAGC est un accord avec des termes que nous avons signé. Le fait qu'il y ait des problèmes à l'extérieur n'affaiblit pas le PAGC ou, de toute façon, l'esprit de celui-ci».

Il a également déclaré qu’il était trop hypothétique de supposer que Trump se retirera du PAGC, mais a déclaré que la Grande-Bretagne est bien sûr préparée pour tous les scénarios.

On lui a demandé s'il y avait la possibilité d'un scénario où l'Iran, l'E3, la Chine et la Russie resteraient dans le PAGC sans les Etats-Unis : « Encore une fois je pense que vous parlez d'hypothétique ici. Nous soutenons le PAGC, nous pensons qu'il est très important et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver cet accord ».

Plus loin dans la discussion, il a réitéré le rôle important de l'Iran dans la région et a déclaré que Téhéran avait des préoccupations légitimes en matière de sécurité.

Macaire a déclaré que la Grande-Bretagne pensait qu'il est important que l'Iran utilise raisonnablement son rôle et qu'il fallait un dialogue actif et constructif à ce sujet. « Il y a certainement beaucoup de domaines », a-t-il dit, ajoutant que la Grande-Bretagne et l'Iran « partagent un intérêt commun, notamment en combattant le terrorisme là où l'Iran a fait des efforts significatifs ».

Les informations selon lesquelles des missiles tirés du Yémen par les Houthis vers l'Arabie Saoudite pourraient provenir de l'Iran sont quelques-unes des questions qui préoccupent la Grande-Bretagne.

Interrogé pour savoir si vendre des armes à l'Arabie Saoudite qui a mené à la guerre désastreuse au Yémen et tué des milliers de civils n'est pas contraire aux traités sur le commerce des armes: « La situation au Yémen est extrêmement grave. C'est une situation humanitaire grave où l'ONU a déclaré que trois personnes sur quatre avaient besoin d'aide humanitaire. Nous croyons fermement qu'il n'y a pas de solution militaire à cette crise et qu'il n'y a qu'une solution politique».

Il a affirmé que Mohammad Bin Salman s'est engagé à une solution politique lors de sa dernière visite à Londres le mois dernier.

Macaire a ajouté que le gouvernement britannique travaillera avec les Saoudiens et les Emirats et les Etats-Unis pour trouver une solution politique à cette crise.

En termes de ventes d'armes, Macaire affirme que la Grande-Bretagne possède l'un des régimes de licences d'exportation les plus sévères au monde et ne vendra pas d'armes lorsqu'elle pense qu'il existe un risque évident qu'elles puissent être utilisées dans une violation grave du droit international humanitaire.

Il a dit que le gouvernement britannique travaillait intensivement sur la solution politique à la crise au Yémen. Il a affirmé que la vente d'armes n'est en aucune manière en contradiction avec les traités et protocoles relatifs aux armes.

Concernant les récentes frappes aériennes en Syrie par le Royaume-Uni, la France et les États-Unis, Macaire a répondu que l'attaque était une frappe ciblée visant à atténuer les souffrances humanitaires en dégradant la capacité des armes chimiques du régime syrien et en décourageant leur utilisation future.

Il a affirmé que le régime syrien avait l'habitude d'utiliser des armes chimiques contre son propre peuple de la manière la plus cruelle et la plus odieuse et que, par conséquent, ce comportement persistant devait être arrêté.

« Nous avons cherché des voies diplomatiques pour y parvenir, mais nos efforts ont été contrecarrés à plusieurs reprises. Il n'y avait pas d'alternative pratique au recours à la force pour alléger la souffrance humanitaire».

« Comme je l'ai dit, nous avons cherché des voies diplomatiques pour mettre fin à l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien, mais nos efforts ont été contrarié à plusieurs reprises. Les inspecteurs de l'OIAC ont enquêté sur des attaques précédentes et ont décidé à quatre reprises que le régime était effectivement responsable. Toute tentative de demander des comptes aux auteurs a été bloquée par la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU ».

Il a conclu que le pays devait agir immédiatement, avec ses alliés, pour minimiser le risque de nouvelles souffrances humanitaires causées par les armes chimiques.

Macaire a déclaré que les armes chimiques sont parmi les types d'armes les plus horribles qui existent. «Comme notre Premier ministre l'a dit, le fait que ce genre d'atrocités qui a eu lieu à Douma puisse se produire dans notre monde aujourd'hui est une tache pour notre humanité».

Demandant si l'attaque n’était pas contraire à la convention parlementaire sur les guerres étrangères nécessitant une approbation, il a répondu «Non».

« Il était nécessaire, d'agir avec rapidité afin que les forces armées britanniques puissent agir de manière décisive, maintenir la sécurité vitale de leurs opérations et protéger les intérêts du Royaume-Uni. Ceci est en accord avec la convention parlementaire britannique».


Notre correspondant a demandé pourquoi le gouvernement britannique intervenait en Syrie mais pas au Yémen lorsque les Saoudiens mènent des attaques, il a répondu: «Nous restons profondément préoccupés par la situation humanitaire de plus en plus grave et affligeante au Yémen».

Il a cité le rôle de premier plan du Royaume-Uni en faveur du processus politique mené par l'ONU, ajoutant: «Nous croyons qu'une solution politique est la seule façon d'apporter la stabilité à long terme au Yémen».

L'envoyé britannique a affirmé que le pays est le troisième donateur humanitaire au Yémen.

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