Les grandes puissances, sauf les Etats-Unis, tentent de préserver le PAGC

Téhéran 22 septembre, IRNA- Les parties qui ont conclu l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien à l'exception des Etats-Unis se réuniront lundi à New York pour discuter sur les moyens du maintien du Plan d'action global commun (PAGC).

Les ministres de Grande-Bretagne, de Chine, de France, d'Allemagne, de Russie et d'Iran se réuniront à New York à 20 heures (l'heure locale) lundi face à la décision prise le 8 mai par le président américain Donald Trump de se retirer de l’accord et de rétablir la pleine vigueur des sanctions américaines contre l’Iran, a rapporté Reuters.

Leur tâche délicate, et peut-être irréaliste, consiste à donner à Téhéran les moyens de respecter les limites de l’accord sur son programme nucléaire même si Washington s’est retiré, privant l’Iran de nombreux avantages économiques promis.

Le président iranien Hassan Rohani «a besoin d’arguments pour défendre l’accord face aux radicaux. Il a besoin de nous pour lui donner des munitions », a déclaré un diplomate européen de haut rang, faisant référence aux extrémistes iraniens qui s’opposent à l’accord.

«Nous essayons de lui donner des munitions, mais ce que nous pouvons faire, pour être honnête, est limité», a ajouté le diplomate.

Suite à leur retrait de l'accord, les États-Unis ont commencé à réimposer les sanctions économiques cet été et les mesures les plus draconiennes, qui visent à forcer les principaux clients iraniens à cesser d’acheter leur pétrole, reprennent le 5 novembre.

L'Union européenne a mis en place une loi pour protéger les entreprises européennes contre les sanctions américaines.

Cependant, il y a des limites à ce qu'il est possible de faire pour contrer les sanctions pétrolières, en vertu desquelles Washington peut couper du système financier américain toute banque qui facilite une transaction pétrolière avec l'Iran.

Le dernier rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme de surveillance des Nations Unies basé à Vienne, a réaffirmé que l’Iran était resté dans les principales limites imposées par l’accord, appelé Plan d’action global commun.

Ces dernières semaines, des responsables iraniens ont commencé à faire valoir que si les Européens ne pouvaient pas préserver le commerce avec l’Iran, peut-être que Téhéran devrait réduire, mais pas éliminer, son respect de l’accord.

Samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, at déclaré au magazine allemand Der Spiegel que l’Iran pourrait «réduire sa mise en œuvre» et éventuellement accroître ses activités d’enrichissement d’uranium si l'accord était compromis par «les actions des Américains et la passivité des Européens».

Les diplomates européens souhaitent éviter cela. Dans l’espoir de maîtriser le programme nucléaire iranien, ils ont dit à Téhéran que s’ils cessaient de signer l’accord à la lettre, ils n’auraient d’autre choix que de rétablir leurs propres sanctions.

«Ils continuent de nous dire que la situation est horrible, ils vont quitter l'accord ou continuer à appliquer partiellement l'accord. C’est la même vieille musique, mais pour l’instant, ils continuent à mettre en œuvre le PAGC», a déclaré un deuxième diplomate européen.

«Nous les avertissons que s’ils devaient se retirer, cela les blesserait plus que nous», a-t-il ajouté.

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