Trump ignore que l'Iran ne cherche pas l'arme nucléaire (Takht Ravanchi)

New York, 10 mai, IRNA-Le représentant permanent de la République islamique d’Iran auprès de l’ONU, en réponse à une proposition du dialogue, avancée par le Président américain, à l’Iran, sur « la non-acquisition d’armes nucléaires », a déclaré: « Trump semble ignorer que l’Iran ne cherche pas à se doter d’arme atomique ».

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU a rejeté l’appel du président Donald Trump pour de nouvelles négociations avec Téhéran, affirmant que le retrait unilatéral de Trump de l’accord nucléaire de 2015 indiquait qu’il pourrait « revenir à nouveau »lors de négociations futures.

« Tout à coup, il a décidé de quitter la table des négociations. Quelle est la garantie qu'il ne renoncera pas aux négociations à venir entre l'Iran et les États-Unis? » a déclaré Majid Takht Ravanchi dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine MSNBC le jeudi 9 mai.

« Le président [Trump] vient de dire que ce qu'il veut de l'Iran, c'est de ne pas avoir d'armes nucléaires. Il n'a apparemment pas lu les 14 rapports de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui confirment que l’Iran respectait toutes ses obligations, fondées sur l'accord nucléaire de JCPOA », a rétorqué Takht Ravanchi.

Les déclarations du représentant iranien à l’ONU interviennent après que le président américain, en pleine escalade de tensions autour de la politique de plus en plus belliciste de son administration à l’égard de la République islamique, ait appelé jeudi à des négociations avec l’Iran. Trump a dit qu'il veut que les Iraniens l'appellent.

L'année dernière, les Etats-Unis de Trump se sont retirés, sans raison, du Plan d'action global commun (JCPOA) que Téhéran respectait pleinement selon les rapports multiples de l'AIEA, et ont réimposé les sanctions unilatérales qui avaient été levées dans le cadre de l'accord nucléaire signé sous son prédécesseur, Barck Obama, entre l’Iran et la communauté internationale.

Le mois dernier, le Président milliardaire américain a annoncé qu'il ne renouvellerait pas les dérogations permettant aux huit plus gros clients de Téhéran d'acheter son pétrole afin de « réduire à zéro » les exportations pétrolières de l’Iran et d'exercer une « pression maximale » sur le pays. Les exemptions ont expiré le 1er mai. Washington est allé jusqu'à se dire prêt à sanctionner ses alliés pour fermer le robinet du pétrole iranien.

A la question de savoir si Téhéran continuerait de respecter l'accord nucléaire après le retrait des Etats-Unis, Takht Ravanchi a déclaré que l'accord avait été sérieusement troublé par Washington et que l'Iran réagirait en fonction de ses intérêts nationaux.

« Les Européens nous ont dit de ne pas nous précipiter pour sortir de l'accord nucléaire, et nous avons accepté leur suggestion. Depuis une année, nous attendons la mise en place, de leur part, des actions concrètes et crédibles qui s’imposent d’urgence. Il ne suffit pas de faire des proclamations de soutien, il faut passer à l'acte », a insisté le diplomate.

L’Iran dont la patience est au bout, critique le retard européen, pour le succès de l’Accord historique et la mise en œuvre de son mécanisme financier sans dollar promis, destiné à protéger les intérêts financiers et économiques des Iraniens face aux sanctions américaines.

Mercredi, le président iranien, Hassan Rohani, a annoncé que le Conseil suprême de la sécurité nationale avait décidé de suspendre l'application d'une partie de ses engagements au titre du JCPOA au nom des articles 26 et 36 même de l’Accord.

Selon cette décision, l’Iran cessera de vendre ses excédents d’uranium faiblement enrichi et d’eau lourde, conformément à son obligation contractuelle aux termes de l’accord sur le nucléaire.

Rohani a déclaré que l’Iran prendrait des mesures supplémentaires dans 60 jours si les autres signataires ne réussissaient pas à faire en sorte qu’il bénéficie toujours du maintien de l’accord nucléaire en dépit du retrait des États-Unis.

Pour les autorités iraniennes ce délai de 60 jours donné aux signataires de l'accord nucléaire et à laquelle la partie européenne a dit « non » est un teste politique dont notamment pour l’Europe car « c'est aujourd'hui le tour du monde de montrer sa volonté ».



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