Nucléaire iranien: «L’Europe doit prendre ses responsabilités» estime le chercheur français

Téhéran, 11 mai, IRNA- Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran voit la réaction iranienne, un an après le retrait américain de l'accord nucléaire de 2015, quelque chose de « très réfléchi », estimant que l’Europe devait prendre ses responsabilités à cet égard.

Invité de l’émission « On va plus loin » vendredi 10 mai, Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran, analyse la crise autour de l’accord sur le nucléaire iranien.

Un an après l’annonce du retrait des États-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran, Téhéran a annoncé mercredi 8 mai cesser d'appliquer certains de ces engagements pris dans le cadre de l'accord. A cet égard, l'Iran a accordé un délai de 60 jours à l'Europe pour respecter pleinement ses engagements envers l’Iran prévu dans l’accord nucléaire. En réaction, l’Union européenne a rejeté jeudi 9 mai, ce qu’elle appelle « l’ultimatum » de l’Iran, tout en rappelant son attachement à cet accord.

« L’Europe doit prendre ses responsabilités » estime Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran. « Un accord a été signé, validé par une résolution des Nations Unies, il faut qu’il soit appliqué. Donc il faut que l’Iran respecte sa part, ce qu’il faisait, mais en échange il faut qu’il y ait une levée des sanctions et que [les Iraniens] aient les bénéfices économiques de l’accord. Quelque part, l’accord n’est pas tenu puisqu’il n’y a pas les « récompenses » que l’Iran attendait. Là, les Européens sont conscients que le pire des scénarios est que l’Iran sorte de l’accord (…) Si on veut éviter cela (…) il faut absolument que l’Europe agisse vraiment. Il faut arrêter les beaux discours. »

Le chercheur, spécialiste de l’Iran, voit la réaction iranienne comme quelque chose de « très réfléchi » : « C’est très calculé (…). Pour l’instant, l'Iran est toujours dans l’accord. Donc l’idée [pour les Iraniens] c’est d’y aller graduellement pour donner une chance pour que l’Europe réagisse.»

Quant à l’attitude américaine, Thierry Coville est catégorique : « Les États-Unis mettent une pression maximum sur l’Iran en dehors du droit international et il n’y a aucune perspective politique. Le risque maximum que voient bien les Européens, c’est qu’à un moment l’Iran commence à en avoir assez (…) et qu’il sorte de l’accord. Et ça, je pense que ça met sérieusement les États-Unis assez mal à l’aise. »




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