29 sept. 2019 à 16:57
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Jacques Chirac, une voix française anti-guerre

Téhéran (IRNA) – Le 22e président de la République française, Jacques Chirac qui s’est éteinte à l'âge de 86 ans, le jeudi 26 septembre, était l’un des visages les plus importants au monde à s’opposer à la politique va-t-en guerre américaine pendant son mandat de 12 ans (1995-2007, réélu en 2002), et qui représente le « non » de la France à la guerre de l’Irak en 2003.

Né le 29 novembre1932, Jacques Chirac, acteur major de la politique française, est le fils d'un banquier. Il débute sa carrière en tant que haut fonctionnaire et entre en politique peu de temps après, occupant divers postes.

Le conseiller municipal de Sainte-Féréole en 1965, connaît une ascension rapide. Il devient député de la 3ème circonscription de Corrèze en 1967 avant d'entamer une carrière ministérielle à partir de 1971 (Relations avec le parlement, Agriculture puis Intérieur avant de devenir premier ministre en 1974 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing).

Devenu Premier ministre en 1986, le gouvernement qu'il dirige appliqué une politique économique libérale avec une vague sans précédent de privatisations d’entreprises publiques. Il supprime aussi l’autorisation préalable au licenciement économique, l’impôt sur les grandes fortunes et instaura la libre fixation des prix pour les entreprises.

En 1995, un couple se crée pour ne se quitter qu’en 2002. Jacques Chirac gagne les élections présidentielles face à Lionel Jospin, remportant 52,67 % des voix. Nommant Lionel Jospin Premier ministre, la cohabitation politique prend un nouveau tournant. Après 14 années passées au pouvoir, la gauche laisse sa place au RPR de Chirac.

Jacques Chirac lors de son meeting à Rennes le 30 avril 1998 (Photo d’Archives Ouest-France)

Ce premier mandat sera marqué, entre autres, par la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vélodrome d’Hiver durant la Seconde Guerre mondiale. « Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux » (extrait du discours de Jacques Chirac, repris dans Ouest-France le 17 juillet 1995).

L'image dominante qui restera de l'homme qui présida la France de 1995 à 2007 est avant tout celle d’ « un personnage sympathique qui aimait la vie », « un élu de terrain proche des Français », et « un grand homme d'Etat ». Son opposition à la guerre en Irak en 2003 reste le fait marquant de ses deux mandats. Viennent ensuite la suppression du service militaire et le passage du septennat présidentiel au quinquennat.

Rétro : relations Téhéran-Paris sous Jacques Chirac

L’homme politique influent français, ce dirigeant « sage et visionnaire » pour reprendre les mots du Président russe, Vladimir Poutine, Jacques Chirac, a travaillé d'arrache-pied pour établir les relations les plus chaudes entre Téhéran et Paris au cours de ses 16 années de mandat politique et plus particulièrement de ses 12 ans à la tête de l’Élysée.

Cependant, les relations des deux pays commencent à se dégrader au cours des dernières années de sa présidence.

« Chirac était une figure importante non seulement pour les Français mais aussi pour les Iraniens. Un homme qui a eu des relations significatives avec Téhéran, tant pendant son mandat de premier ministre que sous sa présidence », note la chaîne de télévision pan-européenne, Euronews.

Le long mandat de Chirac à la tête de la France s'est accompagné du changement de trois présidents en Iran: Chirac, élu président de la République française en 1995, a assisté aux deux dernières années de la présidence d'Akbar Hachemi Rafsanjani. Mais il avait déjà des relations importantes avec l'Iran, en tant que Premier ministre.

Sous la présidence du réformiste Mohammad Khatami, les relations entre l'Iran et la France s'améliorent. Chirac défend le programme nucléaire iranien.

Contrairement à Washington et à l'administration George W. Bush, il a soutenu la diplomatie et une résolution pacifique à la question du programme nucléaire iranien. Il s’est même initialement opposé à l’envoi du dossier nucléaire iranien du Conseil des gouverneurs au Conseil de sécurité.

Il a également rencontré à plusieurs reprises Hassan Rohani, alors Secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité nationale iranien. Représentant de l'Iran, Rohani était à l’époque chargé des négociations sur le nucléaire avec la troïka européenne, qui ont également débouché sur des accords à Saad Abad  à Téhéran et à Bruxelles.

Un autre tournant dans les relations irano-françaises sous Chirac reste l'arrestation de membres du groupuscule terroriste des Monaféqine à Paris le 17 juin 2003. La police antiterroriste française a effectué une descente dans des bureaux et des immeubles résidentiels des membres de groupuscule terroriste et en ont arrêté un certain nombre.

L’organisation terroriste des Mujahedin-e Khalq (OMK), appelé communément Monaféqin, (« Hypocrites ») en Iran, est responsable de l’assainissant de 12 000 Iraniens. Elle a contribué aux crimes perpétrés par le régime de Saddam Hussein contre les Kurdes irakiens, ainsi que d’autres terroristes qui organisent le meurtre d'Iraniens innocents en Europe.

Mais l’apogée des relations de Jacques Chirac avec l'Iran remonte, selon l’Euronews, en avril 2005, où l’homme qui incarne l'âme de la France pendant plus d'un demi-siècle, descend les escaliers de l'Élysée pour accueillir l’ancien président iranien de l'époque, Mohammad Khatami.

Jacques Chirac était au pouvoir non seulement au moment de l’envoi du dossier iranien au Conseil de sécurité, mais aussi jusqu’à l’adoption des résolutions 1696, 1737 et 1747 contre l’Iran et son programme nucléaire.

En ce qui concerne les relations diplomatiques relativement tumultueuses entre l’Iran et la France, Jacques Chirac était l'un des acteur majeur de la politique française qui a su rétablir des relations les plus chaleureuses avec Téhéran et ce processus a connu son apogée sous le gouvernement réformiste iranien.

Jacques Chirac a acquis le respect mérité de ses compatriotes et du monde entier dont le Président iranien Hassan Rohani qui n’a pas tardé à présenter ses sincères condoléances, au gouvernement et au peuple français ainsi qu’à la famille du défunt.

À l'Élysée, des centaines d'anonymes se pressent pour rendre hommage à l'ancien président

La présidence de la République a mis en place depuis 21 heures des livres d'or installés dans le vestibule du palais de l'Élysée, pour que les Français puissent rendre hommage à Jacques Chirac après sa mort. Ce dispositif d'hommage sera en place jusqu'à dimanche 29 septembre à l'Élysée.

L’ambassadeur d’Iran en poste à Paris, Bahram Qassemi, s’est rendu lui-aussi à l’Élysée pour lui rendre hommage et signer un cahier ouvert en son souvenir.

Bahram Qassemi

Évoquant sur sa page Twitter, la longue queue faite par plusieurs centaines de personnes anonymes venues dès jeudi soir pour écrire un message en hommage à l'ancien chef de l'Etat, le diplomate iranien Bahram Qassemi a qualifié Jacques Chirarc d’homme qui appartenait à une génération politique devenue presque aujourd’hui rarissime.

Des visiteurs signent le registre de doléances au palais de l'Elysée.©APA

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