PGAC : l’UE reconnaît que les sanctions US étaient une entrave à la protection des intérêts iraniens

Téhéran (IRNA) – « Les participants à la réunion de Vienne ont reconnu que la réimposition des sanctions étatsuniennes n’avait pas permis à l’Iran de tirer pleinement parti de la levée des sanctions dans le cadre de l’accord nucléaire », a déclaré le responsable de la politique étrangère de l'UE, Josep Borrell, au nom d’une déclaration émise à l’issue des discussions de Vienne ce mercredi.

« De sérieuses préoccupations ont été exprimées lors de cette réunion concernant la mise en œuvre des engagements nucléaires de l'Iran (liés à l’accord nucléaire de 2015) », a indiqué le très haut diplomate de l’Union européenne (UE) toujours dans cette déclaration émise à la fin des pourparlers, rapporte l'AP.

La rencontre a été coprésidée par Helga Schmid, spécialiste du dossier auprès du haut représentant de l'Union européenne, Josep Borrell, et le vice-ministre iranien pour les affaires politiques, le négociateur Abbas Araghchi. Outre l'Iran, elle a réuni des représentants de la Chine, de la Russie, du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne.

La 15ème réunion de la Commission mixte du JCPOA à Vienne le mercredi 26 février 2020

« Les participants ont également reconnu que la réimposition des sanctions américaines n'avait pas permis à l'Iran de tirer pleinement parti de la levée des sanctions. Tous les participants ont réaffirmé l'importance de préserver l'accord en rappelant qu'il est un élément clé de l'architecture mondiale de non-prolifération nucléaire », peut-on lire toujours dans cette déclaration.

Borrell a ajouté que tous les participants à la réunion connaissaient l'importance de « renforcer davantage l’INSTEX » (Instrument de soutien aux transactions commerciales, destiné à faciliter le commerce légitime entre les acteurs économiques européens et l’Iran, dans le cadre des efforts européens pour préserver le JCPOA), et la partie iranienne semblait « quelque peu optimiste » après les pourparlers.

« Toujours vivant » c’est ainsi qu’a qualifié Abbas Araghchi, le Plan global d’action commun sur le nucléaire iranien de 2015 (PGAC), à l’issue de la 15ème réunion de la commission conjointe sur l’accord multilatéral nucléaire, tenue ce mercredi à Vienne, capitale autrichienne. « La partie européenne est disposée à sauvegarder l’Accord », annonce le diplomate.

Abbas Araghchi

Les Européens se sont montrés jusqu'ici incapables de permettre à l'Iran de bénéficier des avantages économiques lui ayant été promis en 2015 : le mécanisme de troc qu'ils ont lancé en janvier pour que Téhéran puisse continuer à commercer avec l'Europe en échappant aux sanctions américaines n'a encore permis aucune transaction.

« La réunion s'est terminée par des décisions importantes sur les prochaines étapes », c’est par ces mots qu’a réagi Helga Schmid à l’issue de la rencontre.  

Cette 15e réunion s’est déroulé ce mercredi 26 février à Vienne, capitale autrichienne, au niveau des directeurs politiques dans le cadre de la commission mixte, l'instance de discussion prévue par l'accord sur le nucléaire iranien.

L'accord nucléaire n'a pas eu les effets bénéfiques escomptés sur l'économie iranienne

Conformément à ses promesses de campagne, Donald Trump a annoncé le 8 mai dernier le retrait[1] des États-Unis du plan d’action global conjoint (JCPOA), plus communément connu sous le nom d’accord sur le nucléaire iranien, conclu en juillet 2015 à Vienne entre l’Iran et les pays du P5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). Le président américain a ainsi décidé unilatéralement de rétablir les sanctions visant l’Iran qui avaient été levées par l’accord historique. En contrepartie l’Iran a accepté de limiter son programme nucléaire à des fins civiles.

La décision américaine intervient malgré les rapports réguliers de l’AIEA certifiant le respect par l’Iran des dispositions de l’accord et ne constitue donc pas une réponse des États-Unis à une violation avérée du JCPOA par les Iraniens.

Même si les Européens souhaitent préserver l’accord, cela s’avère particulièrement difficile dans les faits en raison de la nature extraterritoriale des sanctions américaines qui touchent tous les pays commerçant avec l’Iran.

Les Européens se sont montrés jusqu'ici incapables de permettre à l'Iran de bénéficier des avantages économiques escomptés dans le PGAC.

Face à l’inaction européenne, et en réaction au retrait unilatéral de Washington et à la réimposition des sanctions les plus cruelles, les autorités iraniennes ont décidé de réduire progressivement leurs obligations au titre du Pacte multilatéral. Téhéran a comparé ces mesures à une « opération chirurgicale » destinée à « sauver » l'accord, « pas à le détruire ». Il a assuré qu'elles étaient conformes à l'accord qui permet de suspendre certains engagements en cas de manquements imputés à une autre partie.

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