2 mars 2020 à 18:56
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En Iran sous sanctions, le défi de produire des traitements anticancer, rapporte France 24

Téhéran (IRNA)- Un rapport publié le 2 mars sur la chaîne France 24 montre que les sanctions américaines contre l'Iran touchent durement les gens ordinaires et surtout le secteur médical.

Pour le rapport, France 24, a interviewé avec M. Réza Mostofi, 49 ans, le directeur d'une usine pharmaceutique, située dans une banlieue industrielle de Karaj, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Téhéran, où six cent personnes travaillent dans les chaînes de production de l'usine. Dans la salle, deux hommes s'activent, en combinaisons, gants, masques et charlottes d'hôpital.

A l'intérieur du bioréacteur, des cellules sont multipliées, ensuite transférées dans des cuves surveillées par les techniciens et servant aux milieux de culture permettant de fabriquer un biomédicament (substance active produite à partir d'une cellule ou d'une source biologique, comme une protéine).

«Nombre d'équipements médicaux que nous utilisons dans notre production ou en laboratoire sont considérés comme à double usage et cela nous cause beaucoup de problèmes pour obtenir les équipements dont nous avons besoin», explique le directeur de l'usine, Réza Mostofi, 49 ans, dont 22 passés dans l'industrie pharmaceutique.

Alors que s'étend en Iran l'épidémie de nouveau coronavirus, nombre d'Iraniens sont pris au piège d'une pénurie de médicaments, liée aux sanctions américaines rétablies en 2018 après que les Etats-Unis se furent retirés de l'accord sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt.

Sur le papier, les biens humanitaires (médicaments, équipements médicaux) échappent aux sanctions de Washington. En réalité, ils sont soumis au blocus américain, les banques internationales préférant généralement refuser une transaction impliquant l'Iran plutôt que de courir le risque de s'exposer à des représailles aux Etats-Unis. L'utilisation pure et simple de ce bioréacteur, obtenir des pièces de rechange, etc... tout est problématique, se lamente M. Mostofi.

Depuis six mois, son usine n'est plus en capacité de fabriquer un médicament qui est un «composant essentiel des traitements contre la leucémie notamment». «Nous ne pouvons plus importer le principe actif pour fabriquer du Rituximab et nous avons dû stopper la production», déplore-t-il.

L'usine veut produire elle-même le principe actif, avec un très gros bioréacteur de 2.000 litres dont elle dispose, mais dont le fonctionnement est touché par des difficultés quasi insurmontables à cause des sanctions.

«On n'arrive pas à approvisionner autant qu'il faudrait nos patients» en médicaments pour cette maladie, regrette le directeur, qui exhorte à une solution politique entre Téhéran et Washington.

Il se dit aussi inquiet de la situation du nouveau coronavirus, qui a causé la mort de plus de 50 personnes en Iran. Probablement que l'année prochaine il y aura un vaccin disponible dans le monde, mais il sera peut-être impossible de l'importer en Iran! Avec les sanctions, le travail est devenu de plus en plus difficile, on le ressent au quotidien, affirme Maryam Yaftian, 30 ans. Cette radiophysicienne travaille à Téhéran dans la clinique privée Rochana, aux installations et à la décoration modernes, ouverte depuis trois ans.

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