Les sanctions US, obstacle à la lutte contre l’épidémie en Iran : Zarif fait part d’une lettre du Président Rohani à ses homologues étrangers

Téhéran (IRNA)-Dans un message Twitter, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a fait part d’une lettre du Président Rohani, adressée à ses homologues étrangers, dans laquelle il appelle ses interlocuteurs à ignorer les sanctions américaines qui sapent la lutte iranienne contre la désormais pandémie de la Covid-19.

Le très haut diplomate iranien, Mohammad Javad Zarif, a écrit dans un tweet émis samedi 14 mars: « Hassan Rohani, dans une lettre à ses homologues, a expliqué comment les sanctions américaines sapent et cela sérieusement la lutte conte l’épidémie de la Covid-19 en Iran et les exhorte à  ignorer ces sanctions. Il est immoral de permettre à un intimidateur de tuer des innocents ».

Zarif a ajouté: « Les virus ne connaissent aucune limite politique ni géographique. Nous devrions agir de la même manière ».

Plus tôt, en dénonçant les vastes pénuries causées par les sanctions unilatérales et illégales américaines qui restreignent l’accès des Iraniens aux médicaments et équipements médicaux, Zarif a posté sur Twitter : « Les virus ne font pas de discrimination. L’humanité ne devrait pas non plus ».

Face à cette crise sanitaire aiguë et mondiale provoquée par le nouveau coronavirus qui touche doublement l’Iran en pleine période de sanctions, le Chef de la diplomatie, a multiplié les gestes officiels ces derniers jours.

Il a formulé une demande auprès du Fonds monétaire international (FMI) et a écrit aussi au secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres.

Dans sa lettre à l’adresse de l’ONU, il avertit sur les sanctions illégales et unilatérales réimposées par les États-Unis de Trump et les qualifient de« principal obstacle à la lutte contre l’épidémie ».

Le chef de la diplomatie iranienne dénonce vigoureusement l’inaction de la communauté internationale et l’appelle à ne pas rester silencieuse.

Le Président de la Banque centrale d'Iran, Abdonnaser Hemmati, avait pour sa part déclaré qu'il avait demandé au Fonds monétaire international un prêt de 5 milliards de dollars qui aiderait le pays à faire face à l'épidémie de COVID-19, affirmant que la réponse du FMI sera un test décisif pour les allégations concernant l'aide d'urgence déstinée aux pays les plus touchés.

Le 4 mars, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, a annoncé que le FMI mettrait à disposition environ 50 milliards de dollars par le biais de ses mécanismes de financement d'urgence à décaissement rapide pour les pays à faible revenu et les marchés émergents qui pourraient potentiellement rechercher un soutien. Sur ce montant, 10 milliards de dollars sont disponibles sans intérêt pour les membres les plus pauvres grâce à la facilité de crédit rapide, a-t-elle informé.

Alors que le département du Trésor américain a prétendu mercredi dernier que les sanctions n'empêchaient pas l'Iran d'accéder aux fonds pour lutter contre le Coronavirus, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi, insiste sur le fait que les Américains ont pratiquement bloqué les voies des transactions financières et n’autorisent pas les fonds iraniens bloqués dans d’autres pays à entrer dans le canal financer suisse.

Réagissant à cette situation déplorable, le Représentant spécial du ministère chinois des A.E. pour les droits de l'homme, intervenant à la 43e réunion du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève, a appelé toutes les parties impliquées (dont notamment les signataires de l’accord multilatéral nucléaire de 2015) à agir pour la levée immédiate des sanctions unilatérales visant l’Iran afin de prévenir de nouvelles violations des droits de l'homme.

Dans un rapport publié en octobre 2019, Human Rights Watch (HRW) constatait les impacts « négatifs » des sanctions « sur les besoins humanitaires et sur le respect du droit à la santé de millions d’Iraniens » dont les plus touchés sont, estime l’ONG, « les patients atteints de maladies rares et de maladies exigeant un traitement spécifique ».

Préoccupé, le Représentant permanent de la République islamique d'Iran auprès de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), Ali-Reza Kazemi Abadi, a déclaré que les sanctions inhumaines américaines qui visent l’Iran même dans les secteurs humanitaires dont pharmaceutique a sapé les importations de médicaments et des équipements médicaux vers l’Iran provoquant une pénurie qui touchent les Iraniens atteints de maladies rares dans le pays dont notamment les victimes d'armes chimiques. Cette pénurie menace sans merci le processus de traitement des personnes ayant été gazées pendant la guerre imposée de Saddam en Iran, a-t-il vivement déploré.

Ali-Reza Kazemi Abadi

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