10 avr. 2020 à 14:31
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L'Iran n'est pas «le seul» à rejeter la légitimité des sanctions US

Téhéran (IRNA)- L'ambassadeur d'Iran en Belgique et auprès de l'Union européenne, Gholamhossein Dehghani, a déclaré vendredi que «l'Iran n'est pas le seul à rejeter la légitimité des sanctions américaines».

Dans un article publié sur Euronews, Dans un contexte d’appels internationaux massifs à l’assouplissement des sanctions qui ont entravé le commerce humanitaire de l’Iran, certains responsables américains ont affirmé que l’Iran n’avait jamais demandé d’allégement des sanctions.

Par cela, ils signifient probablement un plaidoyer direct auprès du gouvernement américain pour obtenir le soulagement. Ils sont même allés jusqu'à blâmer toute la campagne internationale comme «une escroquerie à l'allégement des sanctions contre l'Iran».

Le gouvernement américain bloque-t-il un tel soulagement uniquement dans l'attente d'une demande «directe» de la partie iranienne? Ou, pourrait-il s'agir de la politique de l'administration américaine dans le cadre de la campagne plus large de pression maximale?

Pour remettre le contexte en place, mes arguments vont dans le sens suivant: avant tout, par principe, l'Iran ne reconnaît pas les sanctions unilatérales des États-Unis et juge ces mesures coercitives unilatérales illégales et contraires au droit international.

Par conséquent, l'Iran n'adopte pas une ligne d'action, la logique sous-jacente pour laquelle il ne reconnaît pas sa validité. De plus, il semble que la campagne de pression maximale ait également fixé une attente maximale pour l'administration Trump. Les remarques du secrétaire d’État selon lesquelles l’Iran a dû écouter les États-Unis, «s’ils veulent que leur peuple mange», sont un rappel brutal de cette attente. En outre, l’insistance catégorique du président Trump sur le fait que l’Iran les appelle est un exemple de cette mentalité. Dans cette perspective, ils n'accepteront rien de moins que la capitulation de l'Iran.

Dans de telles circonstances, même le moindre indice serait interprété dans une lumière maximaliste comme la soumission de l’Iran. Cette attente maximale suscitera sans aucun doute la déception de l'administration américaine. La diplomatie intelligente est la somme des nombreuses petites étapes vers le renforcement de la confiance; la ligne de conduite adoptée par les États-Unis depuis le 8 mai 2018 suggère le contraire.

Deuxièmement, l'Iran n'est pas le seul à rejeter la légitimité des sanctions américaines. L'Union européenne, pour sa part, ne reconnaît pas les effets extraterritoriaux de la législation des tiers, et a interdit le respect par les citoyens de l'UE des effets extraterritoriaux de certaines sanctions qui servent les objectifs de politique étrangère d'un pays tiers au détriment de la souveraineté des États membres de l'UE. Tout récemment, l'UE «souligne [ndlr] que les sanctions ne devraient pas entraver la livraison des équipements et fournitures essentiels nécessaires pour lutter contre le coronavirus et limiter sa propagation dans le monde».

À cet égard, l'UE est en bonne position pour prouver qu'elle peut placer ses intérêts économiques au-dessus d'une défense de principe du droit international.

Dernier point mais non le moindre, le COVID-19 n'est pas un problème national; il ne se limite pas à une certaine géographie, région, nation, culture, etc.  Il a créé un moment unique de solidarité mondiale. Le Secrétaire général des Nations Unies a appelé à une trêve mondiale dans tous les coins du monde et des hauts fonctionnaires des Nations Unies ont lancé des plaidoyers contre l'impact ruineux de telles sanctions sur les systèmes de santé des pays qui ont été frappés par COVID-19, pour n'en nommer que quelques-uns. Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a mis en garde contre l'effondrement du système de santé dans les pays frappés par le virus et faisant l'objet de sanctions. En outre, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les effets négatifs des mesures coercitives unilatérales, a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour lever, ou du moins suspendre, jusqu'à ce que notre menace commune soit éliminée. Elle a expressément appelé les États à sanctionner à retirer immédiatement toutes les mesures qui érigent des barrières au commerce «y compris celles qui empêchent de financer l'achat de médicaments, de matériel médical, de nourriture et d'autres biens essentiels».

En conclusion, la ferme conviction de l’Iran quant à l’illégalité des sanctions unilatérales, le rejet global de ces mesures coercitives unilatérales à l’encontre du droit international et comme un outil pour faire avancer le programme de politique étrangère d’un pays tiers au détriment de la souveraineté des autres, et le tollé international sur l’impact humanitaire des sanctions sur la lutte continue de l’Iran contre le virus, pose cette question: le déluge de demandes internationales de levée des sanctions américaines est-il tombé dans l’oreille d’un sourd uniquement afin qu’il puisse l’entendre directement de l’Iran? Ou est-ce dû à la tendance actuelle de certains des plus hauts responsables américains à faire fléchir l'Iran sous la pression croissante qui est en jeu?

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