Accord nucléaire à l’agonie : l’Iran met en garde contre la «complicité» des E3 avec les ennemis

Téhéran (IRNA) - Dans un message Twitter, le ministre iranien des Affaires étrangères a appelé le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à ne pas permettre aux ennemis du Plan global d’action commun sur le nucléaire iranien de 2015 (Accord multilatéral nucléaire signé entre l’Iran et la communauté internationale), de mettre en péril les intérêts suprêmes de l'Iran avant de mettre en garde les trois pays européens co-signataires contre le fait de jouer la complicité.

Le Chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a écrit dans un message Twitter posté jeudi soir le 18 juin que le Conseil des gouverneurs de [l’Agence internationale de l'énergie atomique] ne devrait pas permettre aux ennemis du PGAC (l’accord multilatéral nucléaire de 2015) de mettre en péril les intérêts suprêmes de l'Iran. Les trois pays européens [Allemagne, Grande-Bretagne et France] ne devraient pas être complices du crime (de ceux qui ont violé le Pacte) après avoir échoué à honorer leurs engagements liés au PGAC. »

« Nous n'avons rien à cacher », a poursuivi Javad Zarif. « Le nombre d'inspections effectuées en Iran au cours des cinq dernières années est supérieur à toutes les inspections de l'histoire de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Une solution négociée est possible mais la résolution (anti-iranienne préparée au Conseil des gouverneurs) le détruira », a averti le très haut diplomate.

Dans un geste contreproductif, les trois pays membres de l'Union européenne cosignataires de l'accord nucléaire avec l'Iran - l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni qui n’ont jamais rempli leurs engagements à l’égard de l’Iran liés à l’accord multilatéral ont rédigé une résolution et l’ont soumis au Conseil des gouverneurs de l'AIEA, censée appeler l’Iran à une « pleine coopération » avec l’Agence viennoise.

L'Iran a vivement critiqué la décision des Européens, affirmant que la demande de l'AIEA était fondée sur des allégations avancées par le régime israélien et sous pressions des Etats-Unis qui malgré leur retrait unilatéral du PGAC, cherchent à prolonger l’embargo anti-iranien sur les armes qui sera bientôt expiré en vertu de l’accord nucléaire de 2015.

Il y a quelques heures, le représentant français a annoncé la remise du document de résolution anti-iranienne au secrétariat du Conseil.

L'ambassadeur et le représentant de notre pays, Kazem Gharibabadi, a pour sa part rappelé dans son discours à la réunion d'aujourd'hui 18 juin que « les engagements des pays dans le domaine des garanties ne sont pas illimités » ! Il a ajouté que « l'Iran n'ouvrirait pas son territoire à l'AIEA sur la base des allégations de ses ennemis. »

Le diplomate iranien a noté que toute pression ou ingérence dans les activités de l'AIEA, en particulier le processus de recherche et de vérification des sites et des activités nucléaires, visant à donner suite à des politiques politisées mettrait en péril l'efficacité et la crédibilité de l'AIEA et serait totalement contre-productive et qu’elle devrait être condamnée et rejetée.

Plus tôt, Javad Zarif a averti en réponse à cette initiative anti-iranienne du groupe E3 que l'Iran ne permettrait pas à l'AIEA de « devenir un outil entre les mains de l'administration Trump pour détruire le PGAC ».

La Chine et la Russie, deux autres membres signataires de l’accord nucléaire ont mis en garde contre une résolution anti-iranienne du Conseil des gouverneurs.

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