21 août 2020 à 14:31
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La Russie condamne la tentative de snapback américaine

New York (IRNA)- Dans une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité de l’ONU, le Représentant permanent de la Russie auprès des Nations Unies, Vassili Nebenzia, condamne la demande des Etats-Unis avancée à l’ONU visant à mettre en œuvre leur menace de déclencher le «snapback», un mécanisme qui permet un retour automatique au régime de sanctions internationales contre l’Iran, levées en 2015 en vertu de l’accord multilatéral nucléaire.

« J'ai l'honneur de porter à votre attention la question extraordinaire liée à l’application de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies (qui endosse l’accord nucléaire iranien de 2015) », peut-on lire dans cette lettre adressé par le diplomate russe au l'ambassadeur et au représentant permanent indonésien auprès de l'Onu, Dian Triansyah Djani, qui préside le Conseil de sécurité pour le mois d’août.

« Nous sommes profondément préoccupés par les tentatives américaines visant à établir un mécanisme du retour des sanctions (snapback), réclamé au nom du paragraphe 11 de la résolution 2231 », insiste le diplomate russe.

Vassili Nebenzia a poursuivi : « Nous considérons les tentatives de la partie américaine comme illégales parce que les États-Unis se sont délibérément et officiellement retirés du Plan global d’action commun sur le nucléaire iranien (PGAC) en 2018 et ils l’ont fait ouvertement. »

« Nous condamnons fermement ces actions illégales de la partie américaine et pensons que le mécanisme de restauration des sanctions n’a pas été établi. À notre connaissance, il s’agit de l'approche de la plupart des membres du Conseil de sécurité », conclut la lettre.

L'ambassadeur russe a également demandé que la lettre soit enregistrée en tant que document du Conseil de sécurité.

Aucun des parties restantes à l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015 ou plan global d'action conjoint (PAGC) à savoir l’Allemagne, la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie, ne considère cette procédure américaine à l’ONU comme efficace.

« Nous sommes convaincus que le Conseil de sécurité ne permettra pas aux États-Unis d’abuser de la résolution 2231 (qui endosse le PGAC) pour atteindre leur objectif controversé déclaré qui n’est autre que détruire cette résolution », a réagit Téhéran.               

Pour les commentateurs encore l’objectif de cette manœuvre trumpienne est simple : détruire ce qui reste de l’accord avant l’élection présidentielle de novembre.

L’ancien homme d’affaires américain qui prend possession en janvier 2017 de la Maison-Blanche, Donald Trump, a unilatéralement retiré les Etats-Unis de l’accord historique sur le nucléaire iranien, en 2018, qui avait été signé sous son prédécesseur démocrate, Barack Obama. Il s’est retrié dans le cadre de sa soi-disant campagne de pression maximale contre l’Iran qui a inhumainement nui à l’économie du pays et déclenché une série d’incidents en escalade au Moyen-Orient.

Le président américain Donald Trump ayant claqué la porte en 2018 de ce compromis historique international, la capacité de Washington à se prévaloir de ce statut est cependant contestée sur le plan juridique par la communauté internationale, y compris ses alliés européens.

Humilié et incapable d’obtenir à l’ONU un illégal prolongement illimité de l’embargo sur les armes contre l’Iran qui mettrait en péril l'acccord sur le nucléaire, Donald Trump promet une riposte qui embarrasse les autres signataires de l’accord multilatéral nucléaire.

Le chef de la diplomatie américaine, le désemparé Pompeo a remis jeudi soir (heure locale) en mains propres une lettre à l’ambassadeur indonésien Dian Triansyah Djani, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité précisant que les Etats-Unis veut déclencher ce mécanisme de « snapback », au titre d’un des "participants" à l’accord de 2015 !

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