Affaire Chieftain impliquant Londres : des accusations de la demande de rançon à l’aveu de la réalité

Téhéran (IRNA)-La reconnaissance par le gouvernement britannique qui fait l'objet d'une réclamation intentée par l’Iran d'un montant de 400 millions de dollars (dans le cadre de l’ancien affaire l'achat de 1.750 blindés Chieftain et autres véhicules militaires qui n'ont jamais été livrés à Téhéran), bien que pour l'opinion publique britannique; influencé par les médias mainstream, soit chose inédite, fruit d’un prétendu « chantage iranien », pour « extorquer », selon leurs mots, de l'argent en contrepartie de la libération des binationaux; mais la vérité pure et simple et indéniable c’est que les autorités de la République islamique cherchaient continuellement et cela depuis des années à récupérer leur argent.

 La poursuite de l'audience de la Cour d'appel britannique concernant une partie de cette dette, c'est-à-dire les intérêts et amendes de retard qui doivent être dédommagés, est prévue en novembre de cette année. Le gouvernement britannique, qui a déjà accepté la dette dans son intégralité, n'est pas d'accord avec la République islamique sur le montant de l'amende de retard.

Les avocats du gouvernement britannique avancent l’idée que Londres n'était pas été en mesure de payer la dette de l'Iran en raison des sanctions, mais la partie iranienne a rejeté les motifs d'excuse en présentant des arguments juridiques.

Selon l'agence officielle IRNA, la première audience de la Cour d'appel a eu lieu en février de l'année dernière, à la suite de la protestation de l'Iran contre la décision de l'audience précédente qui n’a pas engagé le gouvernement de Londres à remettre l'amende pour des retards de paiement pendant les années de sanctions.

Le verdict final du tribunal devait être rendu cinq semaines plus tard, mais il a été reporté en raison de l’épidémie du coronavirus. 

Selon les rapports, le vote devrait avoir lieu en novembre, autrement dit un jour après l'élection présidentielle américaine. Les analystes estiment que la partie britannique compte sur la victoire de Joe Biden, le rival démocrate de Donald Trump aux élections présidentielles, afin de régler la dette de l'Iran sans susciter aucune tension dans ses relations avec Washington.

Mais la question du versement des prétendues « rançons » pour la libération des binationaux accusés d'espionnage en Iran, avancée par la partie britannique, a toujours été le talon d'Achille de cette dette. 

A chaque fois que des progrès sont réalisés dans cette affaire (Chieftain), Richard Ratcliffe, l'épouse de Nazanin Zaghari, une espionne détentrice de la double nationalité britannique et iranienne, accusée de collaborer avec les médias britanniques et les cyber-projets en faveur d’un renversement en douce de l’Ordre de la République islamique, se jette sur l’occasion pour mêler les deux cas se dépêchant vers les agences de presse pour chercher une part des évolutions en faveur du procès de son épouse arrêtée à Téhéran. 

L'année dernière, Ratcliffe a appelé ses partisans à faire un sit-in devant la caméra des médias à une courte distance de l'entrée de l'ambassade d'Iran à Londres où il fait part de sa décision d’observer une prétendue grève de la faim pour «obtenir la libération de sa femme ».  Cependant, après la publication d’un rapport vidéo de l'IRNA le montrant en train de boire un café, il annonce qu'il était autorisé à boire des liquides pendant son projet de grève. 

Avec sa désobéissance civile et ses actions contraires à l'article 22 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui souligne la nécessité de ne pas perturber les affaires quotidiennes des ambassades et de ne pas troubler la paix des missions diplomatiques, Richard Ratcliffe, a créé de nombreux problèmes pour nos diplomates pendant deux semaines provoquant la voix de protestation de notre ambassadeur.

En février dernier, il s'est rendu au bureau du Premier ministre lors d'une audition sur l'affaire de la dette de l'Iran pour rencontrer Boris Johnson et pour lui rappeler sa demande de part dans l'affaire.

En effet Richard Ratcliffe a joué un rôle important dans le projet parrainé par le lobby sioniste visant à propager l’iranophobie et à infliger des coûts politiques dans les relations Londres-Téhéran.

C'est à la suite de ces pressions que l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt, dans un geste imprudent, a accordé une protection diplomatique à Nazanin Zaghari en mars 2019, pour faire du cas un problème officiel entre les gouvernements des deux pays et l’élevant selon ses mots « au rang de litige formel d'Etat à Etat». 

Le comportement a suscité une vive réaction de la part de l'Iran. « L'action de Londres est contraire au droit international et n'a pas d'effets juridiques ou exécutifs », c'est ainsi qu'a réagi l'ambassadeur de notre pays en poste à Londres, Hamid Baeidinejad. 

« Le droit international autorise l'octroi d'une protection diplomatique par les gouvernements uniquement à leurs propres citoyens. En vertu de la loi iranienne, les Iraniens ayant la double nationalité conservent leur citoyenneté quel que soit leur lieu de résidence », a fait remarquer le diplomate. 

Au lieu de la détente, le candidat favori de Ratcliffe au poste de Premier ministre lors des élections internes conservatrices de l'année dernière, Jeremy Hunt, adopte une autre politique toujours malavisée et hâtive allant jusqu’à déconseiller aux Irano-Britanniques de se rendre en Iran en raison de ce qu’il appelait de concert avec les iranophobes, la «détention arbitraire» et des «mauvais traitements» infligés dans le pays à des personnes ayant la double nationalité !

Ce n’est pas étonnant si au milieu de vaste campagne de désinformation et d'intoxication anti-iranienne et des tentatives tous azimuts pour déformer la réalité de la dette légale de l'Iran, le récent aveu fait par le ministre britannique de la Défense, parait inédit à l'opinion publique britannique.  

Réagissant aux critiques des avocats de madame Zaghari sur le retard du gouvernement de Londres à payer l'argent qu'ils prétendent être destiné à libérer leur client, le ministre de la Défense, Ben Lobban Wallace, a déclaré qu'étant donné le différend financier anglo-iranien, « le gouvernement de Londres reconnaît que la dette de l'Iran doit être payée. »
« Il continue de chercher des moyens juridiques de rembourser cette dette », a-t-il renchéri. 

Lui qui est un ancien membre du groupe d'amitié parlementaire anglo-iranien et critique du retard du gouvernement à rembourser la dette de l'Iran, a également écrit dans une lettre: « J'ai déjà énoncé ma position sur cette affaire et je m'engage à la résoudre. »

Il a également précisé qu’il est préférable de ne pas commenter davantage à cet égard.
Ces déclarations ont vivement perturbé la routine de propagande des médias manistream britanniques dont la BBC...

Pendant ce temps, Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a réitéré hier : "Le gouvernement britannique a une dette définitive et retardée depuis 40 ans envers l'Iran et peu importe que cette dette soit acceptée par un responsable du gouvernement britannique ou non. 

"La République islamique d'Iran a souligné à travers différents canaux et dans toutes ses discussions avec la partie britannique que cette dette définitive doit être payée par le gouvernement britannique et cela n'a rien à voir avec un autre problème (comme le cas de Nazanin Zaghari)", tranche encore le porte-parole de la diplomatie iranienne. 

Le porte-parole de notre ministère des Affaires étrangères a ajouté : "Le cas de Mme Nazanin Zaghari (une détenue à la double nationalité purgeant sa peine en Iran) n'a rien à voir avec le paiement de la dette de la Grande-Bretagne envers l'Iran."

Saïd Khatibzadeh s'attardant sur le fait que l'affaire de Nazanin Zaghari avait son propre processus judiciaire et que la justice iranienne agit en toute indépendance à cet égard, a renchéri : "La dette du gouvernement britannique envers l'Iran est une dette définitive retardée depuis 40 ans et doit être payée avec toutes ses amendes de retard. Nous sommes déterminés à récupérer cet argent."

"De nombreux prisonniers en Iran demandent leur libération", a-t-il dit. "Mme Zaghari est comme les autres prisonniers et je souligne qu'il n'y a pas de différence entre elle et les autres prisonniers", tranche encore le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. 
 
 

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