5 déc. 2020, 19:46
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L’artisanat lié à la ciselure ghalamzani en Iran

La ciselure consiste à orner et à graver des motifs sur du cuivre, de l’argent, du laiton, etc. Cela consiste donc à créer des lignes et des motifs sur les objets métalliques au marteau et au moyen de burins. Le métal est une matière solide, résistante et malléable. Mou et malléable, le cuivre, premier métal utilisé dans l’art de la ciselure selon les archéologues et les historiens, est d’usage plus courant que d’autres métaux dans cet art. La ciselure est un art précieux dans la culture traditionnelle et spirituelle des Iraniens.

La ciselure consiste à orner et à graver des motifs sur du cuivre, de l’argent, du laiton, etc. Cela consiste donc à créer des lignes et des motifs sur les objets métalliques au marteau et au moyen de burins. Le métal est une matière solide, résistante et malléable. Mou et malléable, le cuivre, premier métal utilisé dans l’art de la ciselure selon les archéologues et les historiens, est d’usage plus courant que d’autres métaux dans cet art. La ciselure est un art précieux dans la culture traditionnelle et spirituelle des Iraniens. Grâce au goût et à la pensée de l’artisan iranien, inspiré par les mœurs, la culture et la religion, la ciselure a pris forme sur les objets métalliques liés à l’artisanat et au cours de l’histoire, subissant des changements, elle s’est transmise d’une génération à l’autre. La ciselure se distingue de la gravure dans la mesure où cette dernière, comparée à la sculpture, consiste à créer une œuvre creuse, en bas relief, tandis que la ciselure est un travail traditionnel comparable au tissage du tapis.

Les artisans s’intéressent plus à la ciselure sur métal, car les objets ciselés ont une longue durée de vie. Comme les tablettes d’argile, les objets métalliques sont des ardoises permettant la transmission du message des artisans à la génération suivante. Les thèmes et motifs courants, tels que les images de poissons, de monstres, de bœufs ailés, d’aigles, de lions et autres animaux réels ou imaginaires sont les symboles des mythes et des histoires. A chaque époque historique ou culturelle, la symbolique de ces motifs s’est modifiée sous l’influence de la situation sociale et des changements idéologiques et culturels. Ainsi, à chaque époque, le contenu et la forme des motifs ainsi que la forme des récipients ont été différents.

L’histoire de la ciselure en Iran

L’art et l’artisanat liés à la ciselure existent depuis des millénaires. Ses débuts datent de la découverte du métal, quand l’homme se familiarisa avec la fabrication des instruments métalliques et dès les IIe et IIIe millénaires avant J.-C., cet art trouva sa forme véritable et s’épanouit durant le Ier millénaire avant J.-C. En Iran, des objets ciselés datant de cette époque ont été découverts durant des fouilles au nord-ouest, au nord et à l’ouest du pays. A cette période, l’art de la ciselure avait atteint une maturité exceptionnelle. L’évolution de cet art se manifeste dans les objets découverts datant de l’époque préislamique, notamment achéménide et sassanide.

A l’époque achéménide, afin de créer la forme des objets et de les ciseler, de nouvelles techniques de moulage et de martelage furent mises en œuvre. A cette époque, la diversité des procédés de fabrication des récipients était remarquable ; la plupart des objets étaient en or et en argent et avaient généralement un usage décoratif, perdant de plus en plus leur usage pratique. Cette diversité se prolongea plus ou moins jusqu’aux époques arsacide et sassanide. A l’époque sassanide, le développement du commerce entre l’Iran et l’Empire romain conduisit à un échange d’influences dans l’art de la ciselure, alors prospère, et on vit l’influence des motifs artistiques romains sur l’art de la ciselure iranien, en particulier sur les récipients en argent. Du fait que les rois sassanides s’intéressaient aux objets artistiques, cet art demeurait réservé à la noblesse et les métaux précieux, en particulier l’argent, étaient couramment utilisés. Les artisans s’inspiraient des motifs humains et animaliers, par exemple des scènes de chasse de la noblesse ou d’agapes. A cette époque, les techniques utilisées pour la fabrication des objets étaient celles du martelage, du moulage et de la taille du métal à l’aide d’un tour. Cette dernière technique était une innovation. Le tour à tailler les métaux, utilisé pour fabriquer des objets très fins, était construit sur le modèle du tour de potier. A l’époque sassanide, différentes techniques et méthodes décoratives des récipients ciselés furent inventées.

Après l’arrivée de l’islam en Iran, en raison des restrictions quant à l’usage de l’or et de l’argent, les artisans se sont tournés vers le cuivre, le laiton et d’autres métaux pour fabriquer des récipients ciselés. Cela entraîna une inactivité relative de l’art de la ciselure durant les premiers siècles après l’islam. Mais au fur et à mesure, pour l’incrustation des autres métaux, on réutilisa des métaux précieux comme l’or et l’argent et l’art de la ciselure prit modèle sur celui de l’époque sassanide. Au XIe siècle, l’usage du laiton se répandit. Les objets métalliques ciselés des Deylamites sont parmi les œuvres les plus célèbres de cette époque, remarquable par la qualité de cet art.

L’école de ciselure du Khorâssân, apparue au Xe siècle, atteignit quant à elle son point culminant à l’époque seldjoukide et les villes de Neyshâbour, Merv, Herât et Balkh devinrent des centres importants de la fabrication des œuvres ciselées. A l’époque seldjoukide, les motifs ciselés comprenaient généralement des musiciens, des danseurs, des hommes assis sur des trônes en forme de constellations, des animaux gambadant, des oiseaux, et des plantes telles que des vrilles de vignes. Cette époque marque le point culminant de la technique du découpage à claire-voie de la plaque de métal ainsi que de l’incrustation des métaux. Après l’attaque des hordes mogholes, cette école du Khorâssân, développée à l’est de l’Iran, au Khorâssân et en Transoxiane, continua son développement à l’ouest, suivant le mouvement de migration des artistes vers l’ouest, notamment le Levant et la Mésopotamie. Des régions comme le Fârs, l’Azerbaïdjan, la Syrie ou l’Egypte, et des villes comme Mossoul en Iraq, Alep en Syrie, Diyarbakir, Shirâz et Tabriz devinrent les grands centres de l’art de la ciselure, art promu par les gouverneurs de ces régions. A cette époque, cet art évolua et les œuvres ciselées furent marquées par les influences culturelles et artistiques nouvelles des lieux où elles étaient désormais créées.

Plus tard, l’utilisation de l’art de la calligraphie en ciselure se développa et l’intérêt des Timourides pour les arts entraîna le retour des artisans au Khorâssân et en Transoxiane. Après des années d’inactivité, Herât prospéra de nouveau artistiquement et devint le centre principal de l’art de la ciselure. A cette époque, le moulage et la ciselure sur métal furent repris et beaucoup d’objets métalliques faits en cuivre, laiton, airain, fer et acier de cette période montrent la beauté et la qualité de la ciselure. Sous l’influence de la calligraphie, des motifs de versets coraniques, de prières, de hadiths, et de poèmes persans se manifestent et apparaîssent également dans les motifs des récipients dont la plupart sont ciselés de motifs végétaux et d’arabesques.

A l’époque safavide, l’art de la ciselure s’affina et les motifs devinrent de plus en plus fins et subtils. L’incrustation des métaux se développa et les récipients ciselés et à claire-voie furent ornés de différentes calligraphies, en particulier du nasta’ligh [1]. La finesse et la beauté des motifs humains et animaliers, diminués à l’époque timouride, reprit une place importante. A cette époque, à cause de l’officialisation des croyances chiites, les Saints Noms de Dieu, du prophète Mohammad et des Imâms ainsi que des poèmes persans furent ciselés et gravés en calligraphies sur les récipients. Par rapport à l’époque précédente, l’utilisation du cuivre de bonne qualité donne de l’éclat aux œuvres.

A l’ère qâdjâre, à cause de l’inattention des rois de cette dynastie, la ciselure déclina mais en revanche la fabrication de récipients émaillés se développa, la fabrication des épées en acier, prospère à l’époque safavide, continua. Les objets de cette époque (XVIIIe et XIXe siècles), montrent que les métaux précieux ont une place très importante dans la ciselure. De plus, cette période voit le développement de la fabrication des boîtes ciselées, ornées de calligraphies et incrustées d’or, ainsi que la fabrication d’astrolabes finement ciselés grâce à la technique du découpage à claire-voie. La fabrication de ’alam [2] se développa également, et son travail de ciselage constitua une école indépendante de ciselure, toujours active aujourd’hui.

A l’époque contemporaine surtout du début de l’époque pahlavi jusqu’à aujourd’hui, l’art de la ciselure est devenu un artisanat imitant les styles des époques seldjoukide et safavide, avec un aspect plutôt commercial. Ces dernières années, grâce à l’effort des ciseleurs de l’Organisation iranienne du Patrimoine culturel, de l’Artisanat et du Tourisme, les motifs anciens, accompagnés d’innovations, revivent et cet art est aujourd’hui enseigné dans les universités iraniennes.

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