Le rôle historique des photojournalistes français dans la couverture médiatique de la Révolution islamique

Téhéran (IRNA)- Les photojournalistes français présents en Iran en février 1979 ont pu éterniser des moments historiques de la Révolution islamique d'Iran.

Les interviews accordées par l'Imam Khomeini aux journalistes français au cours de son exil de quelques mois en France ont joué un rôle important dans la transmission du message démocratique et pacifique de la Révolution islamique dans les médias internationaux.

Mais en Iran aussi les journalistes français ont pu contribuer à la couverture médiatique de la grande révolution du peuple iranien en 1979. Une des personnalités les plus importantes dans ce domaine était le célèbre penseur français Michel Foucault qui représentait à Téhéran de ces jours mouvementés, le quotidien italien "Corriere della Sera".

Les photos prises par les photographes français sont devenues aujourd'hui des documents historiques de valeur qui reflètent la soif de la liberté du peuple iranien dans ces moments cruciaux de l'histoire de l'Iran contemporain.

L'IRNA francophone vous invite à revoir certaines de ces photos prises par les photojournalistes français lors de la Révolution islamique.

La majorité de ces photographes étaient envoyés par les agences de photos françaises telles que Sygma, Gamma et Sipa Press.

Alain Dejean: Il travaillait pour l'agence Sygma, une agence de photographie française fondée en 1973 exploitée par la société Corbis Sigma, filiale de l'agence Américaine Corbis Corporation. Elle a été une des principales agences internationales des années 1970 à 1990 avec Gamma et Sipa Press.

Sipa Press est une agence française de photojournalisme qui a été fondée en 1973 par le journaliste et photoreporter turc Gökşin Sipahioğlu. Parmi les photographes de cette agence, nous pouvons noter en particulier le photographe iranien francophone Reza Deghati très connu en France.

Alain Dejean, est connu surtout pour ces rapports visuels concernant les événements historiques importants tels que la révolution iranienne, la révolution au Nicaragua, la guerre des moudjahidines afghans contre l'URSS, les opérations du Front de libération de la Palestine, la révolte de 1969 en Irlande du Nord, la révolution de mai 1968 en France, la guerre civile libanaise, la guerre du Vietnam, les conflits militaires en Egypte et en Libye.

Ce grand photographe français était présent en Iran entre le 1er et le 23 février 1979. C'est-à-dire les jours entre le retour historique de l'Imam Khomeini jusqu'à la victoire de la Révolution islamique.

L'arrivée triomphale de l'Imam Khomeini à Téhéran, la formation du gouvernement intérimaire de Mahdi Bazargan, les manifestations populaires contre Shahpour Bakhtiar, les manifestations de rue et les affrontements armés, la garde impériale rejoignant le peuple, l'entrée des forces populaires dans le palais du Shah sont quelques-unes des images célèbres de ce photographe français.

Alain Mingam: Il débute comme reporter-photographe à l’agence Siga-Press, mais aussi chez Gamma dont il devient rédacteur en chef, puis chez Sygma où il occupe le poste de directeur des rédactions.

Ancien président et lauréat du World Press Photo Contest pour son reportage sur l’exécution d’un traître en Afghanistan pendant la guerre contre l’armée soviétique, il sait se diversifier et devient consultant pour la série télévisée Les Cents photos du siècle. Alain Mingam est même devenu vice-Président de RSF (Reporter Sans Frontière).

Alain Mingam était en mission en Iran de la part de l'Agence Gamma. Gamma est une agence photographique de presse française fondée le 14 novembre 1966.

Les photos les plus importantes d'Alain Mingam sur la Révolution islamique sont les photos concernant l'arrivée de l'Imam Khomeini en Iran, le 1er février 1979, et la prise de l'Ambassade des Etats-Unis à Téhéran par les étudiants iraniens, le 4 novembre 1979.

Christine Spengler, née en 1945 en Alsace, est une photographe et auteure française, élevée à Madrid. Elle découvre sa vocation au Tchad et réalise en 1970 sa première photo de reportage. Armée de son appareil photo Nikon, elle couvre en noir et blanc, pour les magazines Time, Life, New York Times, Paris Match, la guerre civile d'Irlande du Nord, les conflits du Viêt Nam, du Cambodge, du Sahara occidental, du Liban, d'Iran, du Nicaragua, du Salvador, du Kosovo, d'Irak, d'Afghanistan, etc. Depuis plusieurs années, à chaque retour de reportage, elle réalise des photomontages en couleur, pour exorciser la guerre. Ses photographies de Belfast en 1972, (peu de temps après le Bloody Sunday), de la Révolution iranienne en 1979 ou du bombardement de Phnom Penh par les Khmers rouges en avril 1975, figurent parmi ses témoignages les plus remarqués sur les événements contemporains de cette fin de siècle. Elle est également conférencière et auteure de plusieurs livres dont "Une femme dans la guerre" aux Éditions des femmes.

Christine Spengler s'est rendue en Iran en même temps que les événements révolutionnaires s'éclatent en 1979 et a pris des photos dans les rues de Téhéran et des autres villes d'Iran. Elle était en Iran depuis la victoire de la Révolution islamique, le 11 février 1979,  jusqu'en février 1980.

Les photos de Spengler sont plus concentrées sur les femmes iraniennes. Elle a pu aborder plus facilement les espaces féminins de la Révolution iranienne.

Le référendum de la République islamique le 1er avril 1979, les tribunaux révolutionnaires et la participation des femmes dans la Révoltions islamique sont des sujets les plus importants couverts par cette photographe française.

François Lochon, né le 16 mai 1954 à Trigny (Marne), est un journaliste reporter et photographe de guerre. François Lochon commence sa carrière de photographe à l'agence Gamma en 1975, en couvrant les voyages de Jean-Paul II, qu'il a suivi pendant 20 ans à travers le monde. Son travail a été primé trois fois au World Press.

Pendant la Révolution islamique, ce photographe français s'est rendu en compagnie des révolutionnaires à l'île de Kish au sud d'Iran et a pris plusieurs photos du palais de Mohammad Reza Pahlavi à l'est de cette île du Golfe persique. 

François Lochon est l'un des rares photographes européens dont les photographies d'Iran ne se limitent pas à la Révolution de 1979. Il a diverses photos de la famille Pahlavi, la rencontre du Shah avec Carter à New York en 1977, la rencontre du Shah  avec le président égyptien Anouar el-Sadate. Lochon a obtenu le Grand Prix Paris Match du photojournalisme en 1984 pour ses images de la guerre imposée (1980-1988).

Ces photographes ont pu contribuer à la médiatisation de la Révolution islamique d'Iran. Cette prise de position positive des journalistes et des médias français à l'égard de la genèse de la Révolution islamique et des idées démocratiques en Iran est toujours appréciée par la nation iranienne. C'est peut-être pour cette raison que le peuple reconnaissant d'Iran mettait des gerbes de fleures devant l'Ambassade de France en Iran lors du séjour de l'Imam Khomeini à Neauphle-le-Château.

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