Le Président Raïssi à Charles Michel: Une approche non constructive à l'AIEA perturberait le processus de négociation

Téhéran - IRNA – Recevant mercredi un appel téléphonique de Charles Michel, président du Conseil européen, le Président iranien, Seyyed Ebrahim Raïssi, a averti contre une approche « contreproductive » de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui risque de perturber le processus des pourparlers à Vienne.

Selon un rapport de l’IRNA publié mercredi 8 septembre par le centre d’information présidentiel, le président du Conseil de l'Europe, Charles Michel, après une demande officielle d'entretien téléphonique avec le Président Raïssi, s'est entretenu avec le Président cet après-midi.

L'Ayatollah Ebrahim Raïssi a déclaré lors de cette conversation téléphonique : « La République islamique d'Iran (RII) a tendance à développer ses relations avec l'Union européenne et les pays européens dans des domaines d'intérêt mutuel. »

Le Président s’attardant sur le fait qu’une poursuite durable des relations bilatérales avec l'Union européenne et chacun des États membres dépende du principe de respect mutuel, de se concentrer sur les affinités communes et d'éviter l'influence de facteurs externes sur ces relations, a ajouté : « Cette question nécessite une volonté pratique Européanisme pour ne pas permettre aux puissances unilatérales telles les États-Unis, d’imposer leurs velléités au détriment de nos relations. »

Se penchant sur les évolutions afghanes, le Président Raïssi, a déclaré : « Tous les pays doivent travailler ensemble pour établir un gouvernement en Afghanistan étant d’une part en mesure d’y apporter la paix, la sécurité, la tranquillité et de l’autre, de gagner la confiance du peuple afghan. »

Le Président a poursuivi : « Aujourd'hui, plus que jamais, il a été prouvé que la présence de gouvernements étrangers, à leur tête, les États-Unis, en Afghanistan n'a pas assuré la sécurité et n'a apporté que guerre, effusion de sang et destruction dans ce pays. »

« Malgré 20 ans de présence directe des États-Unis et de l'OTAN, la production et le trafic de drogue en Afghanistan n'ont non seulement pas cessé ni même diminué, cela a même augmenté de plus de 45 fois », a-t-il déploré.

Raïssi a ajouté que l'expérience de 20 ans de présence américaine en Afghanistan a prouvé que la solution à la question afghane n'est pas une approche militaire, avant d’indiquer que le respect des droits de l'homme, des femmes et des enfants est l'une des graves préoccupations de la République islamique d'Iran en Afghanistan. »

« Nous ferons de notre mieux pour protéger les droits inaliénables du peuple afghan », a-t-il insisté.

Le Président soulignant que l'évacuation des citoyens européens et américains d'Afghanistan n'est pas la phase finale de l'évolution du pays a déclaré : « Selon la République islamique d'Iran, l'absence d'un gouvernement inclusif représentant tous les groupes ethniques en Afghanistan aura un impact majeur sur l'avenir du pays et la sécurité européenne. »

Seyyed Ebrahim Raïssi a ajouté : « Le monde entier a été témoin que l'Iran était le seul pays qui a pris une position sérieuse et réaliste contre les terroristes daechistes en Irak et en Syrie. »

Le général martyr Qassem Soleimani était un héros de la lutte contre le terrorisme dans la région et dans le monde, et on s'attendait à ce que les pays européens prennent une position juste contre son assassinat ciblé par le gouvernement américain afin de condamner collectivement le terrorisme et de défendre un héros de la lutte contre le terrorisme. »

Evoquant qu’il y a actuellement environ 4 millions de réfugiés afghans en Iran, M.Raïssi a renchéri : « La République islamique d'Iran s'est engagée à accueillir les frères et sœurs afghans, à s'employer à établir la sécurité, la stabilité, la paix et le calme et à établir un gouvernement issu du peuple en Afghanistan. »

Se référant aux remarques du président du Conseil européen, sur les efforts du bloc pour atteindre une indépendance stratégique dans ses relations avec les États-Unis, le Président iranien a espéré de voir l'Europe progresser sur la voie de l'indépendance stratégique ».

S’agissant de la question des pourparlers à Vienne visant à relancer le Plan global d’action commun sur le nucléaire de 2015 (PGAC, JCPOA selon son acronyme anglais), le Président de la RII a noté : « l'Iran n'a jamais violé le pacte multilatéral. Ce sont les Américains qui ont abandonné (unilatéralement) le PGAC et l'ont violé. » « Néanmoins, nous nous attendions à ce que les Européens respectent leurs engagements liés à l'accord (et compensent le retrait destructif des Américains) , mais les Européens n'ont pas respecté ce qu'ils avaient convenu dans le pacte multilatéral », a déploré le nouveau Chef du gouvernement iranien.

Concernant la coopération de l'Iran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Seyyed Ebrahim Raïssi, a déclaré : « La coopération sérieuse de la République islamique d'Iran avec l'AIEA reflète manifestement sa volonté de transparence dans ses activités nucléaires. ».

« Naturellement, en cas de gestes contreproductifs anti-iraniens au sein de l'Agence internationale de l'énergie atomique, il est déraisonnable d'attendre de l'Iran une réponse constructive. Les actions non constructives perturbent naturellement le processus de négociation », a-t-il prévenu.

S’attardant sur la politique iranienne de Washington, Il a ajouté : « Le point important à cet égard est que bien que l'administration Trump ait quitté le pouvoir aux États-Unis et que l'administration Biden soit accédé à la Maison-Blanche, mais dans la pratique, il n'y a eu aucun changement dans la stratégie américaine à l'égard de l'Iran. »

« Nous assistons toujours aux mêmes approches et aux mêmes mesures, à savoir sanctions et pressions. », A-t-il encore déploré.

Pour sa part le président du Conseil de l'Europe, Charles Michel, a souligné dans cette conversation téléphonique que l'Union européenne est sérieusement intéressée par le renforcement des relations bilatérales et l'élargissement de la « coopération économique » avec l'Iran.

« Les sanctions ont eu un effet négatif sur les relations UE-Iran, et c'est l'une des raisons pour laquelle le concept d'indépendance stratégique est devenu si important pour l'UE », a-t-il insisté.

« Je pense que nous avons beaucoup à apprendre des 20 ans de présence de l'OTAN et des États-Unis en Afghanistan », a-t-il conclu.

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