9 janv. 2022, 20:06
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Pourparlers de Vienne: des avancées à pas lents

Téhéran - IRNA – Des signes de progrès lents mais encourageants vers un accord sont visibles dans le huitième cycle des pourparlers à Vienne. L’Iran qui se veut optimiste quant à l'issue des pourparlers de Vienne déplore le recours à de nouvelles tactiques contreproductives, par la partie occidentale qui cherche, en jouant la carte du « Temps », à arracher des concessions à Téhéran et de le faire reculer sur ses revendications légitimes.

 Le huitième cycle des pourparlers nucléaires, un deuxième avec le nouveau gouvernement iranien dirigé par Seyyed Ebrahim Raïssi, portant sur la levée des sanctions est toujours en cours à l'hôtel Cobourg de Vienne en Autriche. La réunion, a été reprise le trois janvier 2022 après une pause de trois jours due aux fêtes de fin d’année (2021).

En passant en revue les positions des diplomates négociateurs et les informations diffusées depuis la capitale autrichienne, ainsi que ses bons effets sur les marchés, on peut saisir que les pourparlers du huitième tour se déroulent de manière constructive et relativement réussie.

Les progrès sont manifestement visibles dans un récent tweet du très haut diplomate iranien, Hossein Amir-Abdollahian, posté le jeudi 7 janvier, où il a qualifié le rythme des pourparlers de « normal » et de « bon » et a écrit : « Cette atmosphère positive est due aux initiatives de la partie iranienne ».

« Maintenant, c'est à l'Occident de montrer s'il a de la bonne foi et s’il a une volonté sérieuse pour parvenir à un bon accord », a écrit Amir Abdollahian sur son compte Twitter.

Le ministre des Affaires étrangères faisait référence aux trois documents créatifs et innovants de l'Iran, dont au moins deux (un sur la levée des sanctions et l'autre sur les activités nucléaires de l'Iran) ont été présentés à l'autre partie lors du septième tour des négociations (le premier du 13e gouvernement de la RII, dirigé par le Président Raïssi). Le troisième document portait sur la question des « garanties » et de la « vérification » (de la levée des sanctions) et de l’ «indemnisation ».

Contrairement aux mains pleines de l'Iran et à ses plans novateurs initiés par les experts, les négociations ont été suspendues pour 6 mois, Après des mois d'interruption, les négociations pour la levée des sanctions permettant de sauver l'accord multilatéral en agonie conclu en 2015 ont été relancées fin novembre lors d'un huitième cycle entre les pays toujours parties à l'accord (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine, Iran et Russie), mais la partie d’en face, à sa tête la troïka européenne se présente au rendez-vous les mains vides !

Malgré tout, les diplomates des deux piliers de l'Est et de l'Ouest à savoir la Chine et la Russie, ont affiché leur optimiste quant à la perspective des négociations en cours. « Toutes les parties aux pourparlers de Vienne conviennent que des progrès ont été réalisés en faveur d’une bonne issue et de la levée des sanctions », a pour sa part tweeté  Mikhaïl Ulyanov, négociateur et représentant russe auprès des organisations internationales à Vienne.

« Un accord avec Téhéran pour rétablir le traité de 2015 sur le nucléaire iranien est possible. Je reste encore convaincu qu'on peut arriver à un accord. On est parti sur un chemin plutôt positif, mais le temps presse », a d’autre part déclaré vendredi 7 janvier le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian sur BFM TV.

Les Etats-Unis eux-aussi ont fait état mardi de progrès « modestes » dans les négociations sur le programme nucléaire iranien, mais se sont joints aux Européens pour insister sur « l'urgence » à conclure les discussions face à soi-disant « avancées nucléaires » de Téhéran.

L’autre signal positif était l’arrivée du vice-ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Choi Jong-kun, aux pourparlers visant à sauver l’accord sur le nucléaire de 2015, et les entretiens de plusieurs jours de ce dernier avec les diplomates des 4 + 1et américains. La Corée du Sud (Quatrième client de brut iranien), en tant que l'un des plus gros débiteurs envers l’Iran avec une dette de plus de 7 milliards de dollars, a jusqu'à présent refusé de débloquer les fonds iraniens sous prétexte de sanctions américaines.

Les revendications légitimes de l’Iran et le dessous des cartes des Européens

L'équipe négociatrice iranienne insiste sur ses revendications légitimes car elle a prouvé, dans la conjoncture du post-accord, le plein respect de ses engagements liés au Pacte envers ses partenaires signataires et envers la communauté internationale, comme l’a confirmé les 17 rapports de feu le Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano sur la coopération constructive de Téhéran, ainsi que sur le recul toujours de Téhéran sur ses obligations, (au nom des représailles et des mesures de rétorsion) un an après le retrait unilatéral de Trump de l'Accord.

 Nul doute qu’avec l'amère expérience des négociations et des accords conclus sous l’ancien exécutif iranien, le treizième gouvernement avec sa nouvelle équipe négociatrice ne se laissera pas tomber deux fois dans le piège et restera campé sur la restauration des droits bafoués du peuple iranien.

Le savoir-faire des Iraniens de changer la donne au cours des négociations est tel que Téhéran est en train de répliquer à l’Occident en remplaçant la politique ratée de « pressions maximales » par les « revendications maximales ».

Une approche qui s'est avérée efficace jusqu'à présent comme en témoignent les preuves

Avant le huitième cycle de pourparlers, l'Occident avait utilisé quatre tactiques spécifiques pour dissuader les diplomates iraniens d’abandonner les revendications :

1. Tentatives de créer un fossé entre l'Iran, la Chine et la Russie

2. Pression sur l'Iran en influant sur l'AIEA         

3. Avancer des velléités maximalistes dans le but de neutraliser les revendications iraniennes

4. Durcissement des sanctions en étant fidèle au trumpisme sans Trump.

A titre d’exemple, rien qu'en novembre et à la veille de la reprise des pourparlers avec le gouvernement Raïssi, au moins quatre types de sanctions ont été imposées à des individus et des organisations iraniennes sous de faux prétextes.

Un coup d’œil sur les positions des diplomates et des hommes d’Etat occidentaux prises de concert à la veille et lors du huitième round des pourparlers, révèle les tactiques et les objectifs malveillants de l'Occident, à sa tête la Maison Blanche, dont le plus marquant est le jeu de « le temps presse ».

« Le temps presse pour l’Iran » et « pour la restauration du PGAC », on ne cesse de l’entendre ces jours-ci de la bouche et cela de concert des Occidentaux.  

« Le temps presse pour l’Iran » et « pour la restauration du PGAC », on ne cesse de l’entendre ces jours-ci, de concert, de la bouche des Occidentaux dont Enrique Mora, chef adjoint de la politique étrangère de l'UE, et le secrétaire d'État américain Anthony Blinken.

« Si nous travaillons dur dans les jours et les semaines à venir, nous devrions avoir un résultat positif..... Ce sera très difficile, ce sera très dur. Des décisions politiques difficiles doivent être prises tant à Téhéran qu'à Washington », a déclaré le coordinateur des pourparlers, l'envoyé de l'Union européenne Enrique Mora, lors d'une conférence de presse.

« Il y a un sentiment d'urgence dans toutes les délégations que cette négociation doit être terminée dans une période de temps relativement raisonnable. Encore une fois, je ne mettrais pas de limites, mais nous parlons de semaines, pas de mois », a prévenu M. Mora.

Aux yeux des observateurs, le recours aux méthodes usées et rusées par les États-Unis et leurs alliés européens a perdu son efficacité, et une hystérie occidentale de ce genre face à l’Iran ne peut que rendre plus difficile l’accès à un compromis.

 Bien que les négociations d’usure risque de favoriser l’ingérence des éléments interventionnistes et des ennemis saboteurs, mais se hâter de parvenir à un accord « à tout prix » n'entraînera que des pertes. Par conséquent pour Téhéran obtenir des résultats tangibles tels que la levée des sanctions, la vérification et les garanties est plus important que les contraintes de temps dans les négociations.

Fruit de négociations longues et âpres et du multilatéralisme, l’accord sur le nucléaire iranien, officiellement intitulé « Plan global d’action conjoint » ou « Joint Comprehensive Plan of Action » (JCPOA) en anglais, signé le 14 juillet 2015 à Vienne entre la République islamique d’Iran et le « groupe des 5 + 1 » (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne), a été qualifié par de nombreux pays et experts, d’ « historique » avant d’être déchiré par les Etats-Unis de Trump. 

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