Pourquoi la France intervient de plus en plus active dans les phases finales des pourparlers de Vienne ?

Téhéran (IRNA)- Alors que les pourparlers sur la levée des sanctions à Vienne touchent à leur fin, les déplacements et le nombre de membres de la délégation française aux pourparlers ont sensiblement augmenté.

Selon un correspondant de l'IRNA, la levée des sanctions a été suivie et souligné lors des réunions régulières de la délégation européenne lundi, et parfois la délégation iranienne a rejoint les réunions.

Dans un tweet mardi, Mikhail Ulyanov, représentant de la Russie auprès des organisations internationales basées à Vienne, a écrit : « Au stade final des #ViennaTalks, des consultations intensives dans divers formats sont en cours. Cet après-midi, j'ai eu une réunion utile et professionnelle avec des collègues de l'E3».

D’après les sources non iraniennes, le nombre de représentants français présents dans plusieurs réunions ainsi que leurs déplacements a considérablement augmenté par rapport aux autres partis européens.

La délégation française est présidée par Philippe Errera, directeur politique du ministère français des Affaires étrangères. Les preuves montrent qu'il a publié, depuis trois semaines, plusieurs messages sur Tweeter concernant les pourparlers de Vienne. «J'ai dirigé la délégation dans les négociations intenses à Vienne qui sont en cours depuis plusieurs mois. L'objectif est d'amener l’Iran et les Etats-Unis à reprendre de toute urgence la mise en œuvre de l'accord sur le nucléaire iranien».

Plus tôt, une source non iranienne bien informée a signalé une augmentation des mouvements européens centrés sur la France, affirmant que ces derniers jours, ils ont tenu des réunions régulières à l'hôtel Coburg, qui duraient généralement jusqu’au tard dans la nuit.

Pendant ce temps, les parties occidentales intensifient le double jeu du «texte» et du «temps» à la veille d'un accord, et tentent de publier de faux éléments afin d'influencer l'opinion publique et de mettre une pression psychologique sur l'espace de négociation.

Philippe Errera a écrit sur son compte Twitter il y a quelques heures que la délégation des trois pays européens est prête pour une semaine cruciale à Vienne. Il a affirmé que l'Iran devrait maintenant saisir l'occasion de prendre les décisions politiques nécessaires pour sauver l'accord de Vienne ; ce qui a fait l'objet d'un récent appel téléphonique entre le président Macron et Raïssi.

Cela intervient alors que lors d’un entretien téléphonique avec le président français Emmanuel Macron, le président Raïssi, a déclaré que la délégation iranienne faisait sérieusement avancer les pourparlers de Vienne. «La République islamique d'Iran a fait des propositions constructives au cours des négociations et a examiné les propositions présentées par les autres parties aux négociations sur la base de leur conformité avec les intérêts du peuple iranien».

Le président iranien a déclaré que tout d’abord, la délégation iranienne avait déclaré à plusieurs reprises qu'elle se félicitait des initiatives qui garantissent et protègent les droits du peuple iranien. Des pressions politiques ou des revendications ont été faites afin de maintenir l'influence sur le peuple iranien et de saper la perspective de parvenir à un accord. Tout accord à Vienne devrait inclure la levée des sanctions, la fourniture d'une garantie valable et la clôture des questions et revendications politiques.

Deuxièmement, les pourparlers de Vienne ont maintenant atteint un point où le succès ou l'échec des pourparlers dépend uniquement des décisions politiques des parties occidentales.  Si les parties occidentales prennent les décisions nécessaires dont elles ont connaissance, les problèmes restants pourront être résolus et un accord final sera conclu en quelques jours.

Le rêve de la France de diriger l'Europe

Le comportement de la France peut être également examiné en termes du fait qu'après le retrait britannique de l'Union européenne et la fin de la présidence d'Angela Merkel en Allemagne en tant que leader charismatique et éminent au niveau européen, l’Hexagone se voit de plus en plus proche du rêve de longue date de diriger ce bloc.

Pour mieux comprendre cet enjeu, rappelons que la France, seule puissance nucléaire de l'Union européenne, s'est toujours trouvée fière de cet enjeu. Et l'année dernière, elle a appelé les parties européennes à engager un dialogue stratégique avec Paris sur la dissuasion nucléaire ainsi qu'à augmenter les budgets de la défense.

La France dépense 4 milliards de dollars par an pour posséder environ 300 têtes nucléaires portables par des sous-marins et des missiles à longue portée. Le pays a longtemps utilisé les eaux du Pacifique pour ses essais nucléaires, jusqu'à ce qu'il cesse de le faire en 1996, à la suite de protestations environnementales généralisées.

L'Allemagne, autre grande puissance européenne, n'est pas d'accord avec la France sur cette question. En Allemagne, le sentiment anti-nucléaire est plus fort et le pays se considère sous la protection américaine comme un moyen de dissuasion.

Désormais, en l'absence de la Grande-Bretagne, et jusqu'à ce que le nouveau chancelier allemand, Olaf Scholz, solidifie son ancrage politique, la France considère le champ de la concurrence comme inégalé et plus libre d'action pour réaliser le rêve d'un leadership européen.

En ce qui concerne les pourparlers de Vienne, on peut dire que les mouvements de la France dans les phases finales des pourparlers, d'une part, avec la compétition interne à l'UE et, d'autre part, gagnant le soutien international, à la veille de la prochaine élection présidentielle du pays .

C’est alors que la République islamique d'Iran, en insistant sur les trois principes dont la levée des sanctions, la vérification et de la fourniture des garanties nécessaires approuvant le respect des engagements, elle s’est dit prête à parvenir à un bon accord dans les plus brefs délais, à condition que l'autre partie soit prête à prendre les décisions politiques nécessaires.

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