Libre circulation des informations à l'américaine : réflexion sur un paradoxe

Téhéran, 20 avril, IRNA-Le géant américain de la technologie Google a désactivé les comptes de Press TV et de sa chaîne sœur Hispan TV, leur interdisant l’accès à tous ses services, y compris sa populaire plate-forme de streaming vidéo Youtube et le service de messagerie Gmail. La désactivation a eu lieu sans indication, sans préavis et sans explication. Cette question de la chasse aux sites politiques anti-US et indépendants, dans un pays qui se pose pour un berceau du « free speech », met en cause les Clichés d'Amérique.

Le sociologue et médiologue canadien Marshall McLuhan, avance dans son livre « La galaxie Gutenberg », publié en 1962, que le développement de cet univers témoigne des profonds bouleversements culturels engendrés par l’apparition de nouvelles technologies médiatiques. Marshall McLuhan affirme en effet que la mutation des canaux, ou technologies de transmission de l’information, a une profonde incidence, après une période initiale d’assimilation, sur la manière dont l’individu se rapporte au monde, ce qui rend en un mot la libre circulation des informations « inévitable ».

En peu de temps, cette théorie a été approuvée à la fois par les penseurs, les intellectuels et l’opinion publique mondiale, d’autant plus que le processus d'expansion des médias sociaux et la diversité des réseaux ont prouvé la conception du philosophe.

Aujourd'hui, l'opinion publique mondiale, forte de ses expériences du passé et grâce à l’essor et à la diversité des médias dont notamment en ligne, a non seulement pris conscience de l'efficacité et de l'importance de la « libre circulation de l'information », mais le considère comme un principe fondamental dans sa vie sociale.

Ce, alors que les détenteurs des valeurs démocratiques, ces grandes puissances qui dominant l'espace médiatique international, qui crient à la liberté de la presse mais qui contraint leurs détracteurs à se taire, ont ouvert une nouvelles période d'incertitude dangereuse pour la liberté de l’expression.

La désactivation des comptes aux chaines télévisées d’information iraniennes, en langue anglaise et espagnole, Press TV et Hispan TV en est le meilleur exemple. C’est un drôle de paradoxe !

Alors que les géants des médias du monde ne cessent d’évoquer l’impératif de la « libre circulation de l'information », ils empêchant les activités d’autres médias avec des outils de pressions dont ils disposent.

Ces puissances oligarques qui dictent le programme médiatique tentent de transformer la « libre circulation de l'information » en un phénomène de contrôle et de monopole étatique. Un néo-impérialisme qui cherche à imposer leurs valeurs intéressées pour mieux assurer leurs intérêts et faire disparaitre les pays indépendants, réfractaires à leur autorité et à l’ordre hégémonique, et cela en un seul click!

Cette désactivation des comptes des chaînes satellitaires iraniennes interviennent quelques jours après le blacklistage par les Etats-Unis d’une composante de l’Armée iranienne (CGRI), qui a joué un rôle majeur en faveur de la stabilité et la sécurité nationale et régionale et de la lutte anti-terroriste et après que la désactivation des comptes Instagram attribués aux comandants de cette Force.

Certes, Google et le gouvernement des États-Unis sont main dans la main. Ce n’est pas l’auteur de l’article qui le dit, c’est Julian Assange, fondateur du site révélateur WikiLeaks, qui nous expose les accointances fortes entre Google et le gouvernement des États-Unis, ce qui devrait faire réfléchir quiconque utilise leurs services.


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