Amir Abdollahian : « L'Iran n'est pas isolé. Négociations pour négociations Non, pour un bon accord Oui »

Téhéran (IRNA) - Dans une interview accordée à la chaîne Euronews, le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d'Iran, Hossein Amir Abdollahian, a déclaré : « Malgré tous les efforts de l'administration Trump et les sanctions, l’Iran n'a pas été isolé. Nous n’avons pas assisté aux négociations pour les négociations, mais notre objectif était de parvenir à un bon accord. »

Selon l'IRNA, Amir Abdollahian dans une interview à Euronews, qui a été diffusée mardi soir, en réponse à la question que M. le ministre peut dire de manière claire et concise qu'entendez-vous par le sérieux du processus de négociations entre l'Iran et l'Iran ? Et si le peuple iranien verra bientôt l'impact concrets des initiatives du gouvernement dans les pourparlers de Vienne ? Il a ajouté : « Dans le gouvernement de M. Raïssi, dès le début, notre approche des pourparlers de Vienne sur la levée des sanctions visait le fait que soit nous n'entamerons pas de négociations, soit, si nous entamons des négociations, il doit y avoir une relation logique entre nos pourparlers à Vienne et le comportement pragmatique du gouvernement du Dr Raïssi. Nous sommes donc venus à Vienne non seulement pour négocier, mais pour négocier un bon accord. Je crois que nous n'avons jamais été aussi proches d'un accord. »

« Tout d'abord, je veux corriger la phrase que vous avez utilisée. », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères à la suite d'une question du journaliste d'Euronews qui a utilisé "l'Iran isolé".

« Nous ne pensons pas que l'Iran soit isolé. Les sanctions américaines unilatérales et illégales nous ont causé des problèmes, et il est clair que l'inaction des trois pays, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, a créé des problèmes pour l'Iran depuis 2015, malgré tous les efforts, même pendant l'administration Trump aux États-Unis quand la politique de pression maximale a été appliquée contre la République islamique d'Iran, ce qu'on appelle l'isolement de l'Iran n'a pas pu se former. », a noté le chef de la diplomatie iranienne.

Nous sommes très proche d'un accord

« Mais votre question est de savoir comment l'accord de Vienne affectera la vie quotidienne des gens. Nous sommes maintenant proches d'un accord. Il y a plusieurs enjeux qui figurent parmi nos lignes rouges. Nous avons eu de nombreuses initiatives jusqu'à présent. Nous avons fait preuve de beaucoup de souplesse à la table des négociations à Vienne. Si nous disons aujourd'hui que nous sommes plus proches que jamais de l’accord, nous l'avons dit par des intermédiaires aux Américains et aux trois pays européens. Mon collègue de Vienne et moi-même avons clairement indiqué lors de conversations téléphoniques et de réunions avec les ministres des Affaires étrangères des trois pays que l'heure était à l'initiative et à la flexibilité de la part de l'Occident. », a souligné Amir Abdollahian.

« Nous pensons que si la partie occidentale veut être réaliste sur ce qui se passe aujourd'hui à la table des négociations à Vienne, nous pouvons parvenir à un accord final en moins de quelques heures. Par conséquent, à notre avis, la clé est dans les mains de la partie occidentale et dépend du réalisme et de l'initiative de la partie occidentale. Nous assistons sérieusement à la table des négociations à Vienne. Malgré le fait que les parties occidentales ont déclaré à plusieurs reprises au cours des négociations et dans les étapes difficiles que nous pourrions être amenés à quitter la table des négociations, j'ai dit à M. Josep Borrell dans une réunion avec lui en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité que mes collègues étaient sérieux et motivés. Et ils resteront à Vienne dans le but de parvenir à un bon accord immédiat jusqu'à ce que nous arrivions à ce point, mais si l'autre partie ne fait pas preuve de la flexibilité et de l'initiative nécessaires, elle sera sans aucun doute responsable de l'échec éventuel des négociations. », a noté le ministre iranien des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie iranienne en réponse à la question que; « Vous cherchez depuis un moment des garanties politiques pour que ce qui s'est passé sous Donald Trump ne se reproduise plus. Ne pensez-vous pas que l'arrivée d'entreprises américaines en Iran créera en quelque sorte une garantie plus forte à cet égard ? », a déclaré : « Je pense que l'un des problèmes que nous avions au JCPOA était le rôle que jouaient les entreprises américaines ou la circulation des dollars dans le système bancaire. La partie américaine dans les mêmes négociations a fixé des limites dans ce contexte, et c'est pourquoi quand on nous dit à plusieurs reprises que l'intention de M. Biden est de parvenir à un bon accord, mais par rapport au comportement de M. Biden et de la partie américaine, on est face à un paradoxe. C'est une situation dans laquelle, d'une part, ils envoient un message que nous sommes de bonne foi, et d'autre part, en même temps, le jour même où nous recevons ce message, de nouvelles sanctions sont imposées à certains de nos personnes physiques et morales. Et donc le critère pour nous, c'est le comportement des Américains, et nous jugerons sur la base du comportement de la partie américaine. »

Interrogé sur la question de savoir si des relations cohérentes avec l'Union européenne, notamment dans les domaines financier et commercial, restent une priorité pour Téhéran, il a ajouté : « La politique étrangère du nouveau gouvernement iranien, qui est connu comme un gouvernement démocratique et révolutionnaire, est basée sur une doctrine de politique étrangère équilibrée, une diplomatie dynamique, et une interaction et collaboration intelligentes. Dans cette doctrine, nous nous tournons vers toutes les parties du monde en matière de politique étrangère. Une vue qui inclut le continent européen, et en dessous de cet ensemble, nous considérons le développement des relations avec les différents pays européens. Bien sûr, nous avons explicitement dit aux parties française, britannique et allemande que si nous attachons de l'importance à la relation avec cette partie de l'Europe, nous ne considérons pas ces trois pays comme l'ensemble de l'Europe et avons un plan indépendant pour développer et renforcer les relations avec tous les Etats en Europe, que nous poursuivons sérieusement dans le nouveau gouvernement. »

Crise artificielle en Europe contre l'Iran

 Concernant l'ouverture du bureau de l'Union européenne en Iran, Amir Abdollahian a déclaré : « C'est une question qui a été soulevée à plusieurs reprises, et d'ailleurs, le ministre finlandais des Affaires étrangères a récemment soulevé cette question avec moi à Téhéran. Quand j'ai regardé les dossiers, j'ai vu que chaque fois qu'il y avait des arrangements et une opportunité d'ouvrir un bureau de l'UE à Téhéran, une crise artificielle était créée à l'intérieur de l'Europe contre la République islamique d'Iran. C'est-à-dire que nous sommes confrontés au fait que, d'une part, nous voulons ouvrir le bureau de l'UE de bonne foi, et d'autre part, alors que ce bureau n'a pas encore été ouvert, il y a une crise artificielle. J'ai donc vu que cela n'aidait pas la situation. Je pense donc que cette idée est toujours à l'ordre du jour. »

Relation avec les voisins

Concernant les relations entre l'Iran et ses voisins, dont l'Afghanistan et l'Arabie saoudite, le ministre iranien des Affaires étrangères a ajouté : « Je répondrai très brièvement. Lors de notre conversation avec les responsables du Conseil de gouvernement intérimaire de l'Afghanistan, lorsque le ministre des Affaires étrangères du Conseil de gouvernement intérimaire de l'Afghanistan s'est rendu à Téhéran il y a environ deux mois, nous lui avons explicitement dit dans des conversations que notre critère de reconnaissance de la nouvelle autorité en Afghanistan est de former un gouvernement inclusif avec la participation de tous les groupes ethniques. Nous partageons une frontière de 900 kilomètres avec l'Afghanistan, et plus de 5 000 hommes, femmes et enfants afghans déplacés viennent chaque jour à nos frontières. Le nombre de réfugiés afghans entrant en Iran est alarmant. Nous sommes en contact avec l’autorité intérimaire de l'Afghanistan en raison de problèmes de sécurité à nos frontières ; Notre ambassade y est active, mais nous leur avons explicitement fait part que leur reconnaissance est subordonnée à la formation d'un gouvernement inclusif. »

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