11 oct. 2020 à 09:15
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Hafez, le poète de l'amour et de la sagesse

Téhéran (IRNA)- Le 20 mehr (11 octobre) est la journée nationale de la commémoration de Hafez dans le calendrier iranien. À cette occasion, l'IRNA vous invite à lire cette brève présentation de ce grand poète persanophone du XIVème siècle.

Khadjeh Shams-e-Din Mohammad Hafez-e-Shirâzi naquit en 1327, à Chiraz. Son père Baha-o-Din était un marchand et sa mère originaire de Kazeroun, une ville voisine.

Plus connu sous le pseudonyme de Hafez (celui qui connaît par cœur le Coran), il a pour nom de plume celui de " Lessân-ol-Gheyb " (Langue de l’Invisible).

Hafez est avec Saadi, Ferdowsi, Nezâmi et Molâwi, l’un des monstres sacrés de la très riche littérature persane.

C’est surtout après la mort de son père que Hafez commence à apprendre les sciences de l’époque. Il se lance dans de longs et minutieux travaux de recherche concernant des œuvres telles que le "Meftah ol-oloum " (La Clé des Sciences) de Sakaki et les œuvres de Ghavâmoddin Abolbagha.

Grâce à son génie inégalable et à son immense talent, il renouvelle le genre poétique. Son génie s’affirme à tous les plans de la création poétique, de la combinaison inédite de thèmes très variés à l’utilisation de procédés littéraires nouveaux. Ceci explique notamment pourquoi Hafez est, pour beaucoup de persanophones, le plus grand poète de leur histoire littéraire. Son influence demeure encore importante aujourd’hui au sein de la société iranienne et il est rare de voir une maison iranienne qui n’ait pas son célèbre Recueil (divân).

Ahmad Shamlou, célèbre poète contemporain iranien, a même été jusqu’à estimer que " Hafez est le plus grand poète du monde ".

Il n’y a pas de version unique du Divân de Hafez et le nombre des poèmes varie de 523 à 994, selon l’édition. D’autre part, on estime que la première édition des œuvres de Hafez, publiée de son vivant, date de 1368, même si son manuscrit ne nous est pas parvenu.

Pour les nations persanophones, le Divan de Hafez ne se lit pas seulement comme un recueil de poésie. Il est pour eux le messager de l’avenir et de la divination, et il n’est pas rare de voir les Iraniens questionner Hafez pour savoir de quelle façon résoudre un problème ou questionner l’avenir.

Hafez affectionne particulièrement le genre lyrique au travers duquel il laisse sa virtuosité s’exprimer dans toute sa plénitude. Ses ghazals ou odes lyriques abordent notamment les thèmes de l’amour ou de la religion, ou encore le rapport de l’homme à la vie terrestre et à l’au-delà.

Son Divân contient des ghazals, des odes, des fragments, des quatrains et deux poèmes courts intitulés " Ahuyé-vahshi" (la Gazelle sauvage), ainsi que le Sâghinâmeh (poème bachique ayant la forme d’un masnavi).

Ses poèmes ont été fréquemment choisis pour être chantés par les principales figures de la musique traditionnelle persane, telles que Alirezâ Eftekhâri, Mohammad Rezâ Shâjâriân et Mokhtâbâd. La poésie de Hafez est aussi une des sources d'inspiration du peintre iranien Mahmoud Farshchian.

Hafez découvrit son talent de panégyriste avant sa trentième année et fut le premier à donner au panégyrique une forme lyrique.

Il avait, comme son pseudonyme l’indique, mémorisé le Coran dans son intégralité et de 14 façons différentes.

Hafez était un homme de lettres, profondément érudit en sciences littéraires et religieuses, ce qui lui permettait de connaître des points subtils de la philosophie et des vérités mystiques.

Contrairement à Saadi, il n’était pas un grand voyageur et les deux seules fois où il quitta Chiraz, auquel il vouait un amour passionné, ce fût de force.
 

C’est surtout grâce au don unique dont il était pourvu et qui lui permit de présenter les pensées mystico philosophique de la Perse que son Divân est unanimement accepté comme un chef-d’œuvre exceptionnel par l’ensemble des iraniens, même si ses interprétations sont nombreuses et parfois contradictoires.

Les expressions mystiques utilisées par Hafez dans ses poèmes proviennent de ses profondes connaissances philosophiques et religieuses, mais en vérité, Hafez est, avant d’être gnostique et mystique, un poète au verbe puissant.

Il fut un homme à l’expression sincère, dans une époque fortement marquée par la souveraineté de l’ascétisme, l’hypocrisie bien pensante et la stagnation culturelle. Il composa de nombreux poèmes ivres et emprunts de mysticisme, tout en évoquant les préoccupations vaines de ce bas monde voué à l’anéantissement, et ce dans une langue très raffinée, fine, mordante et en même temps exempte d’hypocrisie et de dissimulation.

Les poèmes de Hafez sont là pour inspirer, au-delà de leur sens premier, un élan vers le divin trouvant sa source dans les enseignements religieux et coraniques.

Hafez a grandement influencé les poètes persans et a laissé sa marque sur d'importants poètes occidentaux comme Goethe (dans son dernier grand recueil de poèmes, le West-östlicher Divan, qui contient douze livres, chacun doté d'un nom oriental et d'un nom allemand).

Hafez mourut en 1390. Sa tombe est située dans le jardin Hafeziyeh de Chiraz. Les plans de son mausolée ont été dessinés par les Français André Godard et Maxime Siroux dans les années 1930.

Les poèmes de Hafez sont plusieurs fois traduits en français. Surtout il faut mentionner la traduction récente du professeur Charles-Henri de Fouchécour.

Aujourd’hui, son tombeau rassemble chaque jour des centaines de pèlerins venus se recueillir auprès de son dernier lieu de repos et revivre un instant la sagesse éternelle et la souplesse magique de sa poésie.

Avec La Revue de Téhéran

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