Coronavirus : Le monde doit se préparer pour faire face à « la grande crise du siècle » (Ambassadeur d'Iran en France)

Téhéran (IRNA)-Pour l'ambassadeur d'Iran en France, Bahram Qassemi, si le Coronavirus est en mesure d’apporter des changements dans le monde, ce qui est déjà le cas, ce changement doit être en faveur d’une solidarité et d’une coopération collective à l’échelle internationale pour un monde plus sûr et contre des menaces sans frontières.

S’attardant sur les évolutions causées par l’épidémie désormais pandémie mortelle de la Covid-19 qui redonne, à ses yeux, du tonus à « La Peste » du romancier français d’Albert Camus, le diplomate iranien a écrit samedi sur sa page Twitter : « Albert Camus, dont le roman de la peste a été restauré sous l’effet du coronavirus , a écrit dans une lettre à l'adresse de son critique de livre: « La Peste » par rapport à  « L'Etranger » est le passage d’une révolte individuelle à une lutte sociale. Si des étrangers vers la peste il y a une voie d’évolution à suivre, ça sera celle de la solidarité et du partenariat. ».

Le contexte de « La Pest »

En France en pleine crise du Coronavirus on privilégie une lecture symbolique du passage. La description de la ville d'Oran en quarantaine est l'occasion de développer deux dimensions allégoriques de la peste : la peste comme allégorie du mal consubstantiel à l'homme, et la peste comme métaphore de l'horreur de la seconde guerre mondiale.

« Les fléaux […] sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête. Il y a eu dans le monde autant de pestes que de guerres. Et pourtant pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus. » Ces mots, ce sont ceux d’Albert Camus dans  "La Peste". Des mots qui font écho à l’épidémie de coronavirus qui touche le monde depuis quelques semaines.

Ce roman sorti en 1947 situe son action à Oran, en Algérie. La ville est frappée par une épidémie de peste. Alors que les rats et les humains meurent les uns après les autres, une poignée d’hommes lutte contre la maladie. Parmi eux, le docteur Rieux qui cherche un sens à l’absurdité de cette situation.

Orphelin d’un père mort au début de la Grande Guerre, Camus est marqué au plus près par le dénouement tragique de la guerre d’Espagne (1936) et épouvanté par l’essor des totalitarismes qui entraîne la Seconde Guerre mondiale. Camus qualifie dans ce livre son siècle de « siècle de la peur » et s’engage sur tous les fronts en tant qu’intellectuel résistant et journaliste.

Le déchaînement des idéologies, la guerre, l’Occupation, la collaboration, les massacres de masse et les génocides peuvent être représentés par la peste. L’enfermement en est une conséquence. Camus fait ainsi allusion aux catastrophes du siècle. Mais son roman ne se limite pas à cela.

La deuxième guerre mondiale et ses horreurs a fait prendre conscience à l’homme de l’absurdité du monde. Camus l’exprime dans L’Etranger, Le Mythe de Sisyphe et Caligula. Mais avec La Peste, Camus passe de l’absurde à la solidarité : le monde n’est pas à comprendre, il est à améliorer.

La Peste annonce une évolution essentielle vers l’humanisme et la fraternité, seules morales acceptables à ses yeux.

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