28 juin 2020 à 12:41
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Utilisation d’armes chimiques : un dossier toujours ouvert contre l’Occident
Des journalistes photographient et filment les cadavres d'un homme et de son bébé, le 20 mars 1988, dans la ville kurde de Halabja, après l'attaque de l'armée irakienne (Photo d'Irna)

Téhéran, 28 juin, IRNA –L’histoire moderne l’a bien reconnu ! Après la Seconde Guerre mondiale, la plus grande attaque chimique au monde a été perpétrée contre l’Iran par une dictature cruelle soutenue par les Occidentaux pendant la guerre imposée Iran-Irak peu après la Révolution.

Pendant 8 années de la guerre imposée de l’ancien dictateur irakien, Saddam, contre l’Iran, l’armée Baath irakienne de l’époque a attaqué à plusieurs reprises avec des armes chimiques des militaires et des civils iraniens. Selon certaines informations, environ 20 000 militaires iraniens et médecins militaires auraient été victimes d'attaques chimiques. Et même 40 ans après la guerre, plus de 45 000 Iraniens souffrent toujours des conséquences de l’utilisation des armes chimiques par Saddam.

Pour la première fois, le ministère iranien des Affaires étrangères, dans son communiqué, émis en novembre 1980, soit deux mois après le déclenchement de la guerre imposée, a mis en garde la communauté internationale contre l'utilisation par l'Irak d'armes biologiques et chimiques contre l'Iran.

Dans un communiqué, le ministère iranien des Affaires étrangères a souligné l’utilisation par l’Irak d’armes chimiques lors de l’attaque contre la ville de Sousangard, au sud, mais la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l’ONU n’y ont pas prêté attention. C’est pourquoi la première attaque chimique contre l'Iran enregistrée à l'ONU remonte officiellement à janvier 1981 dans les régions de Halaleh et de Ney Khazar dans la province occidentale d'Ilam, où au moins 10 personnes sont mortes.

Suite à l'intensification des attaques chimiques par les baathistes dans la guerre imposée contre l'Iran et sa jaune Révolution  et après une série de plaintes déposées à l'ONU, Téhéran a officiellement appelé à une enquête sur les attaques chimiques. Et la première mission d'enquête des Nations Unies, composée de quatre éminents experts en armes chimiques suédois, australien, espagnol et suisse sont arrivée en Iran en mars 1984.

L’ampleur de l'usage répétitif d'armes chimiques par l’armée baathaise au cours de son opération meurtrière sur l’île de Majnoun était tellement grave et manifeste qu’elle devient cette fois-ci indéniable.

La mission a présenté son rapport sur l'utilisation des armes chimiques au Conseil de sécurité des Nations Unies le 26 mars 1984. Ce rapport a confirmé l'utilisation de gaz moutarde contre les troupes iraniennes. Toutefois, lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies le 30 mars de la même année, ils n'ont pas mentionné l'utilisation d'armes chimiques par l'Irak et, dans la déclaration finale, les parties membres ne se sont contentées que d’appeler au respect du protocole de Genève de 1925 !

La troisième mission de l’ONU toujours dans le cadre de son enquête sur l’usage d’arme chimique par l’armée irakienne, était dans la ville iranienne de Fave en mars 1986, à la suite des attaques chimiques acharnées en cours par le régime de Saddam. Les forces iraniennes, après avoir traversé le fleuve Arvand, ont mené l’opération Valfajr-8 et l’armée Baath, qui n’a pas pu arrêter les opérations militaires iraniennes et s’est vue incapable devant leurs avancées, se livre encore et toujours massivement à utiliser l’arme chimique. Le rapport accablant de cette mission a une fois de plus confirmé l'utilisation de gaz moutarde par l'armée irakienne et choqué le monde entier.

La pression de l'opinion publique mondiale a conduit à la publication de la déclaration du 21 mars 1986, mais les gouvernements occidentaux ont, encore, refusé de condamner le régime de Saddam !

Hardie, Le 28 juin 1987, l'armée irakienne a lancé un bombardement chimique contre la population civile de la ville de Sardacht. En conséquence, 130 civils ont été tués et des milliers ont été blessés. En outre, à la suite d'une attaque chimique sur la ville iranienne de Paveh dans la province de Kermanchah, dans le nord-ouest du pays, plus de 100 personnes ont été tuées, y compris des enfants et des femmes.

L’inaction de la communauté internationale et le soutien manifeste de l’Occident et de nombreux États arabes à l’Irak de Saddam ont conduit ce dernier, le 15 mars 1988, à lancer le plus meurtrier et catastrophique bombardement chimique contre la population civile de Halabtche dans le Kurdistan irakien, à proximité de la frontière iranienne, « pour leur soutien aux forces iraniennes », suite à quoi près de 5 000 personnes sont mortes et environ 7 000 ont été blessées. Cependant, l'Occident, qui se pose en défenseur des droits de l’homme, a continué à rester silencieux !

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution n ° 612, 50 jours après l'attaque de Halabtche. La résolution a été adoptée à l’initiative de l’Allemagne de l’Ouest, de l’Italie et du Japon et reflète le rapport du Secrétaire général sur la catastrophe dans la région. Bien que cette résolution ait condamné fermement l'utilisation d'armes chimiques en temps de guerre, mais elle n'indique toujours pas le nom du pays qui a utilise des armes chimiques !

Selon les documents officiels, le parti Baath a acquis des matières premières et du matériel pour la fabrication d'armes chimiques auprès de divers fournisseurs, ce qui a permis au régime irakien au pouvoir de produire de grandes quantités d'armes chimiques pour les utiliser contre les civils et à toute occasion désirée. Mais ce qui donne à réfléchir c’est le rôle complice des pays occidentaux dans le drame qui est facilement négligé.

Les icônes des fabricants de ces armes ont été retrouvées sur les débris de nombreuses bombes retrouvées à Halabtacha et qui portaient les marques des sociétés fabricantes européennes et américaines, mais aussi celles de l’ex-Union soviétique.

Ainsi, l’ancien régime dictatorial irakien était soutenu par 85 entreprises allemandes, 19 françaises et 18 britanniques et américaines sans oublier de multiples dossiers impliqués dans les crimes de Saddam.

Au cours des huit années de guerre de Saddam Hussein, les États européens ont gardé le mutisme sur crimes chimiques commis par l’ancien régime batthiste irakien ou ont ignoré à plusieurs reprises les demandes de l’Iran d’ouvrir des enquêtes sur le terrain ou d’envoyer une mission pour donner suite à l’affaire. Pire encore c’est que d’après les documents publiés aux États-Unis d’Amérique, l’administration US était au courant depuis le début de la guerre de cet usage d’arme chimique et soutenait bien les projets néfastes de Saddam à cette fin.

Selon le rapport du représentant permanent de l'Iran auprès de l'ONU daté du 21 août 1988, à la suite d'attaques chimiques du régime irakien contre l'Iran de janvier 1981 à mars 1988, plus de 56 700 personnes seraient mortes. Sans en oublier les victimes vivantes. Un bilan tristement incroyable !

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