5 janv. 2022, 12:37
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Répondre aux assassinats de commandants de la Résistance est une demande publique

Téhéran (IRNA)- Le 3 janvier 2020, le général Qassem Soleimani et Abou-Mahdi al-Muhandis ont été assassinés en Irak lors d'une attaque terroriste ordonnée par le président américain de l'époque. Dans cette interview, le Dr Talal Atrisi, professeur de sciences sociales à l'Université du Liban, discute des dimensions et de la portée du rôle et du devoir des nations par rapport à ce crime.

Question : Après l'assassinat de personnages tels que le martyr Hadj Qassem Soleimani et le martyr Abou-Mahdi al-Muhandis, quelle responsabilité incombe-t-elle aux nations ?

Dr Talal Atrisi : Le martyr Hadj Qassem Soleimani et le martyr Abou-Mahdi al-Muhandis ont été martyrisés en luttant sur le chemin de la vérité et de la justice. Cette question s'est manifestée au cours des dernières années et dans la lutte contre le terrorisme, y compris DAECH et autres, que ce soit en Irak, en Syrie, en Iran ou dans d'autres pays. Une autre manifestation de cette cause juste et vraie est la confrontation avec la domination américaine, qui est liée à leur utilisation de ces groupes terroristes comme des instruments.

La raison pour laquelle Hadj Qassem et Hadj Abou-Mahdi ont été martyrisés était la question de la libération des nations et des pays de la région de la domination américaine, ainsi que leur libération du mal des groupes terroristes takfiris. Le chemin emprunté par Hadj Qassem et Hadj Abou-Mahdi est soutenu par la plupart des nations de la région même si les médias occidentaux et arabes essaient de présenter ce fait sous un jour différent. C'est pourquoi nous avons vu et observé des millions de personnes en Irak et en Iran assister aux funérailles de ces deux martyrs et de leurs compagnons martyrs pour exprimer leur soutien et leur approbation à ces deux martyrs et aux sacrifices et services qu'ils avaient rendus sur ce chemin.

Par conséquent, il y a une grande responsabilité spirituelle, pratique, politique et morale de continuer sur cette voie, et nous ne devons pas permettre que cela s'arrête - ni au milieu ni à la fin. Le but des nations de la région et des groupes soutenant le projet de Résistance adhérant à cette voie et s'engageant à ne pas laisser ce projet [c'est-à-dire le projet de Résistance] s'arrêter, est d’éradiquer les racines du terrorisme ainsi que les groupes terroristes takfiris. Ce sont ces mêmes groupes qui sont en fait les instruments des États-Unis. Un autre objectif de cet engagement et de cette obligation est de cibler également les bases militaires américaines dans la région dans divers domaines politiques, médiatiques et opérationnels.

Question : À votre avis, une réponse de représailles à l'assassinat des martyrs Soleimani et Abou-Mahdi al-Muhandis afin d'obtenir justice est-elle un devoir émotionnel ou un devoir rationnel, ou les deux aspects de la question devraient-ils être considérés comme objectif ?

Dr Talal Atrisi : Les méthodes de lutte contre le terrorisme et contre l'hégémonie et la domination américaines peuvent varier d'un pays à l'autre ou d'un groupe à l'autre. Certains peuvent prendre des mesures directes contre les forces américaines, et d'autres réagissent par des actions culturelles et l'affaiblissement des alliés américains dans la région. En attendant, certains pourraient réussir à cibler le terrorisme et à saper les mercenaires à la solde des américains qui sont utilisés pour étendre l'hégémonie et semer la discorde sur nos terres. La responsabilité des nations de la région envers le martyr Soleimani et le martyr Abou-Mahdi, qui ont joué un rôle important dans le changement des équations et la création d'un équilibre dans la région, est très grande et significative.

Quand on dit que la puissance des États-Unis et sa sphère d'influence dans la région ou même dans le monde s'est affaiblie et que même les analystes occidentaux le reconnaissent, il faut savoir que cet affaiblissement du pouvoir n'est pas le fruit du hasard. De plus, ce n'était pas à cause de la faiblesse des États-Unis. C'était plutôt à cause de la résistance contre ces projets hégémoniques dans la région, notamment en Irak et en Syrie. Le martyr Hadj Qassem Soleimani et le martyr Hadj Abou-Mahdi al-Muhandis ont certainement joué les rôles principaux sur cette voie. Par conséquent, les nations de la région ont une grande responsabilité politique, culturelle, spirituelle et pratique pour continuer sur cette voie. Heureusement, il semble que des progrès soient réalisés dans cette voie. D'autant plus que le gouvernement américain a été affaibli et contraint de quitter l'Afghanistan de manière humiliante, les nations de la région attendent que ce processus d'humiliation des États-Unis se termine par leur éviction de la Syrie et de l'Irak.

Les nations de la région ont été profondément affectées par le martyre du Hadj Qassem et du Hadj Abou-Mahdi et ont été témoins d'un incident douloureux. Nous avons observé comment la tristesse et le chagrin remplissaient les cercles politiques, sociaux et culturels des pays de la région, et c'était une chose étrange. La plupart des gens ne connaissaient pas de près Hadj Qassem, mais quand ils ont fait connaissance avec cette personnalité et ses actions, ils se sont endeuillés et se sont habillés en noir pour pleurer sa disparition. Ces gens se sont en effet attachées au caractère de Hadj Qassem, surtout après son martyre et sont épris à connaître dûment son esprit, sa spiritualité et de ses grandes actions.

Le général Soleimani et Abou-Mahdi ont été martyrisés d'une manière perfide, car ce martyre n'a pas eu lieu sur le champ de bataille. S'ils avaient été martyrisés sur le champ de bataille, la situation aurait pu être un peu différente. Mais leur assassinat de cette manière conspiratrice et perfide a augmenté l'empathie entre les nations libres et a fait détester la politique américaine et son président criminel assoiffé de sang, Donald Trump. Tous ces cas et méthodes d'assassinat ont poussé les gens à vouloir se venger, et ils attendent donc maintenant une riposte donnée aux États-Unis qui les aiderait à se sentir soulagés. Ce sont ces mêmes personnes qui détestent les États-Unis et leur politique et en même temps qui aiment ces deux martyrs et le chemin qu'ils ont tracé.

L'Iran a répondu à l'assassinat en tirant des roquettes sur la base aérienne d'Ain al-Asad, ce qui a apaisé dans une certaine mesure ceux qui cherchaient à se venger. Mais le problème est que toute réponse [de représailles], même si c'est la tête de Trump, ne peut pas égaler la valeur de personnages tels que les martyrs Soleimani et Abou-Mahdi. L'une des meilleures réponses à leur opération perfide est de contrecarrer les projets américains et de les expulser de la région. Ceci est bien sûr lié à notre vigilance et à notre stratégie politique. Cependant, le grand public peut préférer que cela se fasse d'une autre manière et [même] considérer l'élimination de personnalités américaines importantes comme la meilleure réponse. Mais il faut expliquer l'importance d'une réponse stratégique [de représailles] et l'échec de leurs projets de conspiration contre la région. Il faut dire que la réponse que nous cherchons est l'éviction des États-Unis de la région. Cela faisait partie des objectifs du martyr Soleimani et du martyr Abou-Mahdi.

Répondre aux opérations d'assassinat est notre devoir dans n'importe quelle situation, que ce soit en se fondant sur la logique de la justice qui dit que vous devriez répondre à quiconque vous a fait du tort de la même manière qu'il l'a fait, ou sur la base de la logique rationnelle qui dit que vous devriez riposter en réponse à ceux qui vous transgressent, ou sur la base de questions politiques, stratégiques, spirituelles et psychologiques qui mettent l'accent sur le fait que vous devriez répondre à l'ennemi afin qu'il ne nous considère pas en position de faiblesse et ne répète plus ses crimes. Par conséquent, répondre à l'assassinat de commandants de la Résistance est nécessaire, logique et conforme à la demande publique. Comme nous l'avons mentionné, l'Iran a répondu à ce crime en faisant pleuvoir des roquettes sur la base aérienne d'Ain al-Asad. Cela a montré que l'Iran ne restera pas silencieux [à cet égard] et a le pouvoir de répondre. Mais la réponse à cette opération a de multiples facettes, et les nations de la région veulent une revanche forte qui ébranlera les Etats-Unis et son président. Cette réponse doit restaurer la confiance des peuples, non seulement dans les pays arabes et islamiques, mais dans le monde entier - tous ceux qui en ont assez de la domination américaine, des blocus économiques et de la coercition, et veulent que les États-Unis reçoivent une forte gifle dans le visage.

Aujourd'hui, les États-Unis reçoivent de nombreuses gifles pas fortes, mais les gens veulent qu'ils soient traités comme ils traitent les autres. Ainsi, la question des représailles n'est pas seulement quelque chose d'émotionnel. L'aspect émotionnel est important et est une réponse aux sentiments des gens. Mais les représailles sont également importantes d'un point de vue stratégique et ajoutent au pouvoir de dissuasion. C'est-à-dire que notre réponse doit être telle qu'elle empêche les États-Unis et le régime sioniste de penser même à une nouvelle agression ou à un nouveau crime.

Question : À votre avis, quelles sont les conséquences sécuritaires et culturelles pour les nations de la région de ne pas répondre à de tels crimes ?

Dr Talal Atrisi : Oui, ne pas répondre [à de tels crimes] a deux conséquences importantes. Une dimension concerne la sécurité, la dissuasion et la stratégie, et l'autre concerne la culture. Sur le plan sécuritaire, s'il n'y a pas de réponse, les États-Unis ou toute autre partie comme le régime sioniste peuvent poursuivre leur agression et sentir que l'autre partie est faible et incapable de faire quoi que ce soit. Cela signifierait un changement dans l'équation de la dissuasion et augmenterait la probabilité que l'agresseur poursuive ses agressions et ses crimes à l'avenir.

La dimension culturelle est également liée aux dimensions de sécurité et de dissuasion, de sorte que ne pas répondre à l'agresseur peut créer un sentiment de frustration, de désolation et de déception parmi la nation qui a été attaquée et agressée. Ne pas répondre signifie qu'il y a un agresseur auquel personne ne peut répondre, et personne n'a le pouvoir de se venger de lui pour lui donner une dure leçon. Il existe une culture et un sentiment de désespoir similaires dans certains pays arabes depuis que le régime sioniste a envahi et occupé le territoire des pays arabes, et il n'y avait personne pour leur tenir tête. C'est devenu une culture aux yeux des politiciens arabes et des cercles politiques qui les pousse à penser que nous n'avons pas le pouvoir d'affronter et de combattre Israël. Dans le même temps, la doctrine militaire du régime sioniste profitait de cette façon de penser des politiciens arabes. Ils ont dit qu'ils lanceraient une blitzkrieg (guerre éclair) et surprendraient l'autre côté afin qu'il n'ait même pas la capacité de penser à des représailles.

Par conséquent, ne pas répondre à de tels crimes conduira à des sentiments de désespoir et de frustration parmi les nations qui soutiennent la Résistance. La frappe de missiles sur la base aérienne d'Ain al-Assad en réponse au crime américain a été une surprise pour beaucoup, car personne ne pensait que l'Iran répondrait au crime américain à ce niveau et attaquerait sa base militaire. Ainsi, l'attentat contre Ain al-Assad, outre les dimensions sécuritaire et dissuasive, avait aussi une dimension culturelle. Cela a mis en évidence cette culture selon laquelle quiconque agresse l'Iran recevra une réponse. Aujourd'hui, même Israël et les autres ennemis de l'Iran dans la région sont sûrs que l'Iran répondra.

Question : Pensez-vous que répondre à ce crime des États-Unis et se venger des assassinats des martyrs Soleimani et Abou-Mahdi ne sont que le devoir des nations de la région, ou cette réponse [de représailles] peut-elle être donnée par d'autres nations du monde entier ?

Dr Talal Atrisi : À mon avis, la réponse à ce crime américain incombe principalement aux nations de la région. Néanmoins, il existe une haine et une opposition vis-à-vis États-Unis partout dans le monde, y compris en Amérique latine, en Russie, en Chine, dans de nombreux pays africains, etc. C'est un terrain d'entente en raison des politiques d'agression, de pillage, de sanction, d'arrogance et de discordes poursuivies par des États-Unis. Mais dans la région, nous avons affaire à des affrontements militaires directs. Cette situation n'existe pas dans d'autres régions et pays du monde. Par exemple, la Chine et la Russie traitent cela par le biais de l'économie, des médias et du Conseil de sécurité. Cependant, nous traitons directement avec les sanctions américaines, l'agression, l'occupation, les crimes et leur instruments terroristes dans la région. Donc, on s'attend à ce que la réponse aux États-Unis vienne des nations et des gouvernements de la région. Comme on peut le voir en Irak, les groupes de la Résistance s’efforcent pour expulser les forces américaines. Des efforts sont déployés en Syrie pour expulser les occupants, et il est prévu que les forces américaines seront bientôt forcées de sortir de là.

Les autres nations du monde soutiennent les nations de notre région dans leur confrontation avec les États-Unis. Ces nations ne seront peut-être pas en mesure d'affronter militairement les États-Unis, mais elles peuvent soutenir nos nations par le biais des médias. Nous combattons sans relâche les États-Unis dans la région. Cela fait partie du projet de libération, d'indépendance et de renforcement de notre souveraineté nationale, pour lequel les martyrs Soleimani et al-Muhandis ont été martyrisés. Par conséquent, l'expulsion des occupants et mettre fin à leur domination dans la région sont nos devoirs à tous. La victoire sur cette voie est certaine, peu importe le temps que cela prendra, et elle affectera d'autres pays du monde. Nos nations ont joué un rôle important dans la réduction du niveau d'influence et de puissance américaines en raison de la participation directe de nos pays à cette confrontation contre les États-Unis. D'autres nations dans le monde ont également bénéficié de cette réduction de la puissance américaine. Le monde d'aujourd'hui évolue vers la multipolarité et le temps de l'unilatéralisme américain est déjà révolu.

Source: french.khamenei.ir

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