14 avr. 2021, 10:48
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Attar, le poète qui a parcouru les sept cités de l'amour

Téhéran (IRNA)- Le 25 Farvardin (14 avril) dans le calendrier iranien est la journée nationale du grand poète iranien, Farid-od-Din Attar (1142-1229). Chaque année en un tel jour des milliers de passionnés de la littérature persane se rendaient au mausolée d'Attar à Neyshabour, au nord-est d'Iran, en vue de rendre hommage à ce poète de la gnostique, de la spiritualité et de l'amour, mais cette année comme l'année dernière, les cérémonies de commémoration d'Attar sont tenues virtuellement.

Attar compte parmi les plus grands écrivains et philosophes des XIIe et XIIIe siècles. Il est né à Neyshapour au nord-est d'Iran.

Attar est considéré comme l'un des 6 premiers génies de la littérature persane. Il était à la fois médecin, poète et mystique, il a passé une partie de sa vie à voyager et à rencontrer des mystiques et des éminentes personnalités de son temps.
Les œuvres d'Attar sont traduites et publiées dans plusieurs langues étrangères.

L’orientaliste français Louis Massignon a été séduit par l’authenticité de l’expression poétique d'Attar qui, selon cet expert iranologue, le mit « en contact d’un réel – ce réel plus réel que la réalité – libérateur, l’appelant vers autre chose. » L’éminent professeur du Collège de France avoue une admiration esthétique pour les textes mystiques qui sont, d'après les mots de Massignon « comme un harpon destiné à tirer l’âme à Dieu. » « Sans ce travail de la méditation artistique, de l’imagination créatrice, nous ne pouvons pas comprendre » et rejoindre ce quelque chose d’immortel qui existe dans le monde.

Le mausolée d’Attar se trouve au milieu d'un jardin. Le premier bâtiment a été construit juste après la mort du poète (aux XIIe-XIIIe siècles), mais il est rénové jusqu’à ses fondations par Amir Ali-Shir Navayi, un poète et politicien de la cour timuride du XVe siècle. Une récente rénovation date des années 1970. Il s’agit d’un plan octogonal avec quatre portes et une coupole en couleur vert turquoise, ornée essentiellement par une calligraphie répétant symétriquement "Il n’y a de dieu que le Dieu Unique". La pierre tombale en marbre a été récemment posée, mais une vieille colonne de trois mètres en pierre noire est plantée verticalement en tête de la tombe. Sur cette colonne, est écrit un extrait des poèmes d’Attar et une élégie.

Attar est réputé en Europe plutôt par son ouvrage poétique majeur "La Cantique des oiseaux" où il a recours à une littérature métaphorique afin de présenter les sept étapes du mysticisme irano-islamique. On peut également citer ses autres ouvrages connus : le Livre des Mystères et le Mémorial des Saints. Il avait aussi de solides bases en botanique et médecine, du fait de son métier d’apothicaire. D’où son titre d’« Attar », l’Herboriste. Il est, sans aucun doute, l’un des personnages majeurs de la constellation des poètes-mystiques d’Iran. Même son prénom Farid, dont il se désigne dans ses poèmes, signifie « sans pareil ». Un poème de Molana Rumi (qui, pendant son enfance, passe à Neyshabour en compagnie de son père et reçoit un exemplaire du "Livre des Mystères" de la main d’Attar) montre la place éminente d’Attar dans la hiérarchie des poètes-mystiques iraniens :

Attar parcourut tout l’Amour et ses sept cités

Nous sommes encore au tournant de la première allée

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